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Ce soir, le repas du réveillon sera aussi dégusté dans l’espace !

Crédits : Wikimedia Commons / Austin McGee

À quelque 400 km d’altitude, à bord de la Station Spatiale Internationale, les astronautes ont l’habitude de se nourrir des plats fournis par les agences spatiales américaine et russe. Mais à l’occasion des réveillons de Noël et du Jour de l’An, ce sont de grands chefs qui s’en chargent.

Noël se fêtera sur Terre, mais pas que. En effet, ce soir, le repas du réveillon sera également dégusté à bord de l’ISS. Si habituellement, pour les repas quotidiens, c’est la Nasa et Roscosmos, les agences spatiales américaine et russe qui fournissent les plats aux astronautes, ce sont des grands chefs qui sont sollicités pour les occasions spéciales, comme Noël.

« En Europe, nous essayons de mettre en relation l’astronaute avec un chef de son pays pour développer des recettes qui ont un sens pour lui », a expliqué à l’AFP l’ingénieur Romain Charles, de l’Agence spatiale européenne (ESA). « Tous les astronautes, quelle que soit leur nationalité, sont contents de pouvoir accompagner les temps forts de leur mission par un plat spécial », note de son côté le chef multi-étoilé Alain Ducasse, qui a développé depuis 2006 une trentaine de recettes pour l’espace dans le cadre d’un partenariat avec le CNES, l’agence spatiale française.

Parmi les recettes préférées des astronautes, on trouve les cailles rôties, le homard breton, l’épaule d’agneau confit à la sauge, la Caponata (une sorte de ratatouille), ou encore les noix de Saint-Jacques sur lit de poireaux. Pour terminer le repas, le gâteau au chocolat, le cheese-cake et les morceaux de pommes fondantes sont les desserts favoris. Ce genre de repas permet de célébrer, mais également de booster le moral des troupes. « Pouvoir déguster à certaines occasions de la nourriture “bonus” qui change de l’ordinaire est capital pour le moral des astronautes et pour renforcer l’esprit d’équipe », déclare Brigitte Godard, médecin au Centre européen des astronautes de Cologne, en Allemagne.

La fabrication de la nourriture destinée à partir dans l’espace est soumise à des contraintes particulières. « La sécurité est un impératif. Une intoxication alimentaire à bord pourrait occasionner de graves dégâts » commente Lionel Suchet du CNES. Pour les plats préparés par les équipes d’Alain Ducasse, une stérilisation à 120 °C pendant 40 minutes à très haute pression est réalisée. « Une cuisson assez violente, mais on arrive à préserver le goût et les textures » déclare Quentin Vicas, de la brigade d’Alain Ducasse. Les assaisonnements sont également modifiés, car dans l’espace, la langue perçoit les goûts différemment.

Source : AFP