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Plusieurs sociétés dont Airbus veulent enfouir 400 000 tonnes de CO2

Crédits : iStock / acinquantadue

Le géant de l’aéronautique Airbus et sept compagnies aériennes ont récemment passé un accord totalement inédit. Ensemble, ces sociétés prévoient d’acheter un crédit de 400 000 tonnes de CO2 qui seront enfouies sous terre dans des installations spécifiques.

Un accord pour un énorme crédit de stockage de CO2

Il y a quelques mois, nous évoquions la possibilité que le captage et stockage du CO2 deviennent un énorme marché mondial dans un futur proche. Pas moins de 84 nouveaux projets privés seront ainsi appliqués aux quatre coins du monde d’ici 2025, s’ajoutant aux 56 projets déjà en cours. Comme l’expliquait le Carbon Herald dans un article de mars 2022, un groupe de plusieurs acteurs de l’industrie aéronautique prévoient d’acheter un énorme crédit pour le stockage de CO2.

Le constructeur Airbus ainsi que les compagnies aériennes EasyJet, Air France, Air Canada, IAG, Latam, Lufthansa et Virgin Galactic ont en effet signé une lettre d’intention afin d’acheter 400 000 tonnes de crédits de CO2. Ce dioxyde de carbone sera capté dans l’air et stocké sous terre aux États-Unis. Rappelons au passage qu’une tonne de CO2 correspond à une distance d’environ 14 000 kilomètres en voiture ou à dix-neuf allers-retours Paris-Bordeaux en train.

Les partenaires ont confié cette mission à 1pointFive, une start-up experte en stockage du CO2. Elle prévoit l’implantation d’un premier site de stockage au Texas pour 2024 où il sera possible d’enfouir une mégatonne de CO2.

avion aile
Crédits : Fuzz / Pixabay

Une technologie naissante à fort potentiel

La start-up 1pointFive aura recours à la technique de captage direct avant stockage du carbone dans l’air ou Direct Air Carbon Capture and Storage (DACCS). Cette technique consiste à capter le CO2 dans l’air au moyen de ventilateurs très puissants, dont l’alimentation en électricité provient de panneaux solaires. Ensuite, ce même CO2 est stocké à environ 2 000 mètres de profondeur. Jane Ashton, responsable du développement durable chez EasyJet, affirme que cette technologie naissante a un énorme potentiel pour l’avenir.

Alors que le trafic aérien est souvent perçu comme ultra polluant et non indispensable, les signataires de cet accord font tout de même partie des entreprises les plus influentes du monde dans le secteur. Plusieurs associations écologiques remettent cependant en cause la technique du DACCS et ce partenariat inédit. Selon elles, il se pourrait que le système soit contre-productif dans la mesure où ce dernier a lui-même besoin d’une quantité d’énergie phénoménale pour fonctionner.