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Les six plus petits nanosatellites jamais lancés sont désormais en orbite

Illustration artistique d'une voile solaire / Credit: breakthroughinitiatives.org

Breakthrough Starshot, le projet qui vise à atteindre le système d’Alpha du Centaure avec une sonde miniature, vient de franchir une nouvelle étape. Six nanosatellites sont désormais en orbite basse autour de la Terre.

Il y a un an, la NASA annonçait la découverte d’une planète sœur de la Terre, Proxima b, logée à 4,25 années-lumière seulement de la Terre au sein du système d’étoiles le plus proche : Alpha Centauri. Dès lors, les chercheurs ont laissé entendre que l’exoplanète pourrait abriter une atmosphère respirable et peut-être même contenir de l’eau, et donc potentiellement la vie. C’est alors que le projet Breakthrough Starshot, déjà imaginé, vit pleinement le jour. Il consiste en l’envoi d’une flotte de petits vaisseaux spatiaux vers les trois étoiles du système Alpha Centauri, comprenant Proxima b.

Ces vaisseaux seraient alors propulsés par un laser géant qui leur permettrait de traverser le système en quelques minutes, récupérant photos et données transmises par la suite à la Terre. Ces petites sondes spatiales de la taille de cartes de crédit utiliseraient des voiles hautement réfléchissantes pour exploiter la puissance d’un énorme laser, les photons de ce dernier étant transférés aux voiles qui propulseraient ces vaisseaux à environ 20 % de la vitesse de la lumière. Il faudrait alors une vingtaine d’années pour atteindre le système.

Bien sûr, il reste encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir ne serait-ce qu’envoyer ces petits soldats en territoires hostiles. En revanche, une étape vient d’être franchie. Depuis le 23 juin, six nanosatellites, les plus petits satellites jamais conçus, flottent en effet en orbite basse autour de la Terre. Ces petits soldats ne pèsent pas plus de quatre grammes chacun. Ils se présentent sous la forme d’une carte électronique de 3,5 cm de côté sur laquelle sont intégrés des cellules photovoltaïques, des capteurs, un microprocesseur et un transmetteur radio. Alimenté par le Soleil, un nanosatellite Sprite peut produire cent milliwatts qui suffisent à faire fonctionner tous ses systèmes et communiquer avec la Terre.

Prototype de micro-satellite Crédits : Zac Manchester

L’objectif de la mission sera ici de recueillir des données télémétriques des capteurs embarqués (magnétomètres et gyroscopes) afin d’étudier leur dynamique orbitale à travers leurs mouvements. L’un des principaux obstacles à lever dans un avenir proche est de faire en sorte que les nanosatellites puissent être facilement repérés et suivis par les radars, car pour le moment, les engins sont si petits qu’ils sont indétectables et représentent un danger potentiel pour les vaisseaux Soyouz qui font la liaison avec l’ISS. C’est pour cette raison que les nanosatellites n’ont pour le moment pas le droit d’évoluer au-delà de 400 kilomètres d’altitude au-dessus de la Terre.

Ainsi, le principe est simple. En tirant parti des développements récents dans l’informatique et la miniaturisation, des engins spatiaux de taille d’une carte de crédit pourraient s’envoler pour Alpha du Centaure. Ceux-ci seraient alors capables de transporter tous les capteurs et microprocesseurs nécessaires pour l’analyse de données, mais seraient si petits et légers qu’il faudrait beaucoup moins d’énergie pour les accélérer à des vitesses relativistes — dans le cas de Starshot, jusqu’à 20 % de la vitesse de la lumière.

Pendant que certains s’aventurent jusqu’au système Alpha, tractés par leur voile solaire, d’autres pourraient également se rendre utiles ici même dans notre propre système. Déployés par des sondes interplanétaires par centaines, ils pourraient par exemple surveiller les conditions météorologiques spatiales, observer des astéroïdes, des lunes ou des planètes et effectuer des mesures.

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