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Six cosmonautes vont vivre 122 jours dans un environnement lunaire

Surface Lunaire Crédits : WikiImages / Pixabay

Une équipe de cosmonautes vient d’entamer une expérience tout à fait particulière. Ces derniers vont passer 122 jours dans un environnement simulé, auquel seront confrontés les futurs explorateurs lunaires. 

Il n’aura échappé à personne que l’Homme veut retourner sur la Lune, et “y rester” pour reprendre les mots du Directeur de la NASA, Jim Bridenstine. Pour mener à bien ces futures missions, il sera en revanche nécessaire de préparer le corps des concernés. En les habituant par exemple au milieu lunaire de faible gravité. Dans le cadre de ces études physiologiques, un groupe de cosmonautes a récemment entrepris une expérience visant à simuler une mission à long terme sur la Lune.

Un équipage mixte

L’expérience SIRIUS-19 implique six personnes – trois cosmonautes féminins et trois cosmonautes masculins – qui séjournent depuis quelques jours à l’Académie des sciences de Russie, à Moscou. L’expérience – qui doit normalement durer 122 jours – est le fruit d’une collaboration entre le Centre allemand de l’aérospatial (DLR), le Centre national d’études spatiales (CNES) – l’Agence spatiale russe (Roscosmos) et la NASA.

« Seules les recherches biomédicales de cette nature permettront de futurs voyages dans d’autres corps célestes, explique Christian Rogon, responsable de projet SIRIUS. Avant que toute recherche significative puisse être menée sur la Lune, les équipages doivent être formés pour mener à bien une telle mission. Pour cela, ils doivent pouvoir vivre longtemps dans des conditions dans lesquelles ils seront soumis une fois sur place. (…) Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons en apprendre davantage sur l’interaction du corps et de l’esprit en isolation ».

Dans cette équipe figure le cosmonaute russe Evgeny Tarelkin, qui a déjà passé six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Il est accompagné des astronautes américains Reinhold Povilaitis et Allen Mirkadyrov et des cosmonautes russes Daria Zhidova, Anastasia Stepanova et Stephania Fedeye.

« Ce qui est intéressant pour SIRIUS-19, c’est que l’équipage est composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes, poursuit le chercheur. Comment un équipage mixte comprend-il les défis de l’isolement ? Ou comment gère-t-il les accidents potentiels, face à la pression ? Autant de questions fascinantes auxquelles nous serons très curieux de pouvoir trouver les réponses ».

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Les six membres de l’expérience Sirius-19. Crédits : DLR

Des expériences, et de l’inattendu

Bien évidemment, ces six cosmonautes ne vont pas chômer. Concernant le déroulé du projet, un premier voyage de trois jours a été simulé vers l’habitat. C’est en effet le temps qu’il faut en moyenne pour atteindre la Lune. Désormais installés, ils passeront la grande majorité du temps dans un habitat simulant la future station spatiale en orbite lunaire (Lunar Orbital Platform-Gateway ou LOP-G). Cette passerelle, qui devrait normalement voir le jour au cours de la prochaine décennie, permettra de se rendre sur la surface lunaire en quelques minutes.

Au cours de ces 100 jours, l’équipe expérimentera la même routine qu’un véritable équipage. Cela comprendra des contrôles de santé quotidiens, des activités sportives, des opérations de nettoyage et d’entretien réguliers, ainsi que des entraînements à des procédures d’accostage/désamarrage. Comme pour l’ISS, des livraisons régulières de nourriture et de fournitures seront opérées tous les 30 jours.

Tout ça, c’est calculé. Mais il y aura aussi de l’imprévu au programme. « Étant donné que la monotonie de travailler dans un espace très restreint peut devenir un défi majeur, note en effet le chercheur, l’équipage devra également faire face à des défaillances techniques et à des dysfonctionnements inattendus ». Il serait notamment question d’une “pause” de quelques jours dans les communications avec le contrôle au sol. D’autres “surprises” devraient être programmées. Mais on n’en sait pas plus. Sinon ce n’est plus une surprise.

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