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Une simulation d’impact d’astéroïde vient d’être faite (et ça sent pas bon)

Crédits : urikyo33 / Pixabay

Comment réagir en cas de possible impact ? Aurons-nous seulement les moyens de répondre à cette menace ? Que devrions-nous développer pour mieux nous préparer ? Telles sont les questions auxquelles devait répondre un groupe de chercheurs au cours d’une simulation.

Simuler l’arrivée d’un astéroïde

Pour autant que nous le sachions, aucun astéroïde connu ne représente une menace significative pour la Terre dans un avenir proche, mais la mécanique céleste, si elle répond à des lois prévisibles, peut aussi nous réserver quelques surprises. Avec cette sombre possibilité à l’esprit, le Centre for Near Earth Object Studies du Jet Propulsion Laboratory de la NASA vient de conclure un projet visant à simuler un scénario d’impact. Il s’agissait du septième exercice du genre qui a lieu tous les deux ans.

Au cours de cet événement, des participants (partenaires américains et internationaux) ont assumé divers rôles. Certains étaient observateurs d’objets géocroiseurs (NEO), responsables d’agences spatiales, ou gestionnaires d’urgences, quand d’autres étaient décideurs, par exemple. Le but : travailler ensemble sur la prévision d’un possible impact en réagissant à des situations évolutives.

Les détails de l’exercice de cette année sont disponibles sur le site web du CNEOS. Avant le début de la simulation, les participants ont reçu une description préliminaire de la menace fictive. Il s’agissait d’un astéroïde nommé “2021 PDC” découvert le 19 avril 2021. L’objet se positionnait à 57 millions de km de la Terre et son approche la plus proche devait avoir lieu le 20 octobre 2021 (à peine six mois plus tard).

La probabilité d’impact initiale était évaluée à 1 sur 2 500, ce qui est relativement faible, mais cette estimation n’était basée que sur deux jours d’observations. La taille de l’objet n’était pas précise, avec des estimations comprises entre 35 m et 700 m.

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L’astéroïde Bennu, photographiée le 17 janvier dernier par la sonde Osiris-Rex de la NASA. Crédits : NASA/ Goddard / Université de l’Arizona/ Lockheed Martin

Jour 1 : lundi 26 avril

Tout s’est très vite emballé. Dès le premier jour, les participants ont en effet été informés que la probabilité d’impact était désormais évaluée à 1 sur 20, soit 5 %. À titre d’information, une véritable réponse organisée serait déclenchée avec une probabilité de 1 sur 100.

Jour 2 : mardi 27 avril

Dès le second jour de l’exercice, les participants ont appris que l’astéroïde avait désormais 100 % de chances de s’écraser sur la Terre le 20 octobre. L’objet frappera quelque part en Europe ou en Afrique du Nord. En revanche, sa taille reste incertaine.

Dès lors, l’équipe a commencé à réfléchir aux possibles stratégies d’atténuation (destruction/détournement avec des armes nucléaires). Après réflexion, il est finalement ressorti que si ce scénario fictif était réel, nous n’aurions aucun moyen d’éviter l’impact. Nous serions en effet incapables de lancer un vaisseau spatial visant à s’occuper d’une telle cible dans un délai aussi court.

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Conception artistique du télescope Flyeye de l’ESA, actuellement en construction en Italie.
Crédits : ESA

Jour 3 : mercredi 28 avril

Le troisième jour (deux mois se sont écoulés depuis la première détection de l’astéroïde), l’équipe a été informée que l’impact aurait lieu dans une zone d’Europe centrale s’étendant sur 800 km de long sur 250 km de large. Les pays menacés comprennent l’Allemagne, la République tchèque, l’Autriche, la Slovénie et la Croatie. La taille de l’astéroïde, elle, a été réduite à environ 140 mètres de large.

Avec ces données en mains, les chercheurs ont estimé à 21 % les chances que plus d’un million de personnes soient touchées, et à 74 % les chances que plus de 100 000 personnes soient touchées. Dans le pire des cas, 6,6 millions de personnes seraient touchées jusqu’à 250 km du point d’impact.

Aux jours 4 et 5, prévus jeudi et vendredi, les données ont permis de préciser le lieu de l’impact.

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Les régions ombrées de cette image montrent où l’impact sera le plus susceptible de se produire. Il y a 99% de chances que l’impact soit situé dans le contour extérieur, 87% à l’intérieur du contour central et 40% à l’intérieur de la région centrale rouge foncé. Source : CNEOS

Malgré tout, ce type de simulation permet de mieux se préparer. D’après l’équipe, des capacités de détection améliorées pourraient en effet réduire les incertitudes et empêcher le pire. Les chercheurs évoquent le lancement du prochain télescope spatial NEO Surveyor de la NASA, le second télescope Test-Bed de l’ESA, au Chili, qui vient juste d’entrer en service, ou encore le télescope Flyeye de l’ESA actuellement en construction en Italie.