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Et si un simple test sanguin pouvait révéler vos maladies infectieuses passées et présentes ?

Crédits : Wikimedia Commons

Une nouvelle technologie médicale a été mise au point par des chercheurs américains. Celle-ci permet un dépistage multiple des virus au cours d’un seul test sanguin : le VirScan.

« Nous avons mis au point une méthodologie de dépistage qui remonte dans le temps en scrutant le sang des personnes pour détecter quels types de virus les ont infectés », explique Stephen Elledge, chercheur à l’Institut médical Howard Hughes (HHMI), basé à Chevy Chase dans le Maryland.

Le VirScan offre donc une alternative aux dépistages connus, ces derniers étant seulement capables de repérer les virus de manière individuelle. Ayant fait l’objet d’une publication dans la revue Science le 4 juin 2015, le VirScan serait capable de mettre en exergue des facteurs inattendus touchant à la santé d’un patient. Ce nouveau procédé serait d’ailleurs très bon marché (25 dollars par échantillon de sang testé) et pourrait incarner une certaine capacité d’analyse et de comparaison des maladies virales au sein d’une large population.

Les chercheurs américains ont déjà utilisé le VirScan pour tester le sang de plus de 500 personnes dans quatre pays dans des zones géographiques variées : les États-Unis, le Pérou, l’Afrique du Sud et la Thaïlande. Il n’existe pas moins de 206 espèces de virus que l’homme peut contracter, et le VirScan cherche les anticorps leur correspondant. En effet, le système immunitaire humain augmente drastiquement sa production de nouveaux anticorps lorsqu’il cherche à se défendre pour la première fois face à un virus donné, mais poursuit cette production durant des années (voire des dizaines d’années) après l’infection du corps par ce même virus.

Le VirScan a été élaboré par la collecte d’environ 93 000 fragments d’ADN codant des segments des protéines virales, puis par l’insertion de ces fragments dans des virus bactériophages, s’attaquant donc seulement aux bactéries. Les bactéries en tant que groupe, contiennent l’intégralité des fragments de protéines trouvées dans plus de 1000 souches de virus connus chez l’homme. Dans le sang, les anticorps dénichent leurs cibles en reconnaissant leurs caractéristiques uniques et connues nommées « épitopes », se trouvant dans les protéines à la surface du virus.

« Cela a vraiment bien marché… avec une sensibilité à chaque signature virale dans le sang de 95 à 100 % et sans aucun faux-positif », indique Stephen Elledge.

La méthode VirScan a nécessite une vérification afin de prouver sa viabilité et dénicher d’éventuels faux-positifs. Les chercheurs ont ainsi appliqué ce test à des échantillons de sang prélevés sur des malades du Sida (VIH) et de l’hépatite C.

« Cela a conforté notre confiance que nous pouvons détecter d’autres virus… » poursuit Stephen Elledge.

Ainsi, exactement 569 patients ont participé à l’étude de l’Institut médical Howard Hughes, cette dernière ayant passé en revu près de 100 millions d’anticorps potentiels. Une découverte permet une certaine avancée : chaque individu possède des anticorps traduisant une présence actuelle ou antérieure d’une dizaine de souches virales diverses. Les scientifiques semblent d’accord sur le fait que cette approche pourrait servir à déceler les anticorps qui s’attaquent directement aux tissus de l’organisme, comme dans le cadre de maladies auto-immunes en lien avec le cancer.

Sources : Sciences et AvenirScience & Vie

– Crédits photo : Mattia Belletti