in

S’il est noir, pourquoi voyons-nous le ciel nocturne bleu foncé ?

Crédits : Neico / Pixabay

Bien que la nuit soit noire, nous la percevons, la voyons, la dessinons bleue. Un phénomène illustré notamment par le chef d’œuvre de Vincent van Gogh, La nuit étoilée, ou encore par la teinte « bleu nuit ». Un effet d’optique que l’on doit à certains de nos neurones.

Des chercheurs du l’Institut technologique de Californie « Caltech » (États-Unis) se sont penchés sur ce phénomène et ont publié leurs résultats dans la revue Nature. D’après ces chercheurs, si nous voyons la nuit bleue, c’est en fait une histoire de neurones qui bloquent les autres couleurs. La vision repose sur deux types de photorécepteurs, des neurones présents dans la rétine qui captent la lumière, qui sont les cônes et les bâtonnets.

Les cônes, au nombre de 4 millions par œil, sont spécialisés dans la vision de jour et dans la perception des couleurs. Ils sont de trois types, comme pour le système colorimétrique des écrans : rouge, vert et bleu. Les bâtonnets, eux, sont 25 fois plus nombreux, et sont spécialisés dans la vision crépusculaire et nocturne, avec une luminosité faible, et transmettent le noir, le blanc et les nuances de gris.

[media-credit name=”Crédits : Werner22Brigitte / Pixabay” align=”aligncenter” width=”960″]moon-65957_960_720[/media-credit]

En menant des expériences sur la souris, ces chercheurs ont découvert dans la rétine des cellules ganglionnaires particulières, nommées JAMB. Ces cellules reçoivent les informations transmises par les cônes et les bâtonnets, puis la transmettent. Mais en cas de faible luminosité, les bâtonnets, via les cellules JAMB, vont modifier les informations visuelles provenant des cônes que recevra le cerveau, en bloquant les couleurs vertes et rouges. Ainsi, le cerveau ne reçoit plus que les signaux provenant du bleu.

« Lorsque la lumière est très faible, les cônes ne reçoivent pas assez de lumière pour fonctionner, mais ils continuent d’émettre un signal constant et faible, indépendant de la lumière », explique dans un communiqué le Pr Markus Meister, principal auteur de l’étude. « Les bâtonnets sont actifs, et lorsque leur signal passe par les cellules JAMB, ils inhibent indirectement ceux des cônes rouges et verts. Les cônes bleus sont alors les seuls actifs, et l’environnement nous apparaît donc bleu. »

Source : pasadenanow