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Détection d’un “signal intriguant” en provenance de l’étoile la plus proche

Le radiotélescope Parkes, en Australie. Crédits : CSIRO / A. Cherney

Des astronomes ont récemment détecté un “signal radio intriguant” visiblement en provenance de Proxima Centauri, le système stellaire le plus proche du soleil, rapporte The Guardian. Pour l’heure, les astronomes essayent toujours de déterminer son origine.

Retrouvée à environ 4,2 années-lumière, Proxima Centauri est l’étoile la plus proche du Soleil. En 2016, des astronomes de l’European Southern Observatory annonçaient la présence d’une planète en orbite autour de cette étoile, aujourd’hui baptisée Proxima Centauri b. Ce système intéresse les astronomes pour la simple et bonne raison que ce monde évolue dans la zone dite “habitable” de son étoile. Ainsi, depuis sa découverte, plusieurs études ont été menées dans le but de déterminer si Proxima b pourrait ou non abriter la vie. D’où l’intérêt de cette nouvelle recherche, dont les détails sont rapportés par The Guardian.

Un mystérieux signal

Dans le cadre de récents travaux, des astronomes s’appuyant sur le télescope Parkes, en Australie, expliquent en effet avoir isolé un faisceau étroit d’ondes radio de 982 MHz en 2019. Pour rappel, ce télescope intègre le projet Breakthrough Listen, porté par le magnat russe Yuri Milner, qui vise à rechercher la présence de techno-signatures extraterrestres.

D’après ce rapport, ce signal aurait été capté au cours d’une campagne d’observation de 26 heures en provenance du système Proxima Centauri, et serait apparu une fois avant de disparaître. Autre point intéressant : le signal aurait légèrement “changé” pendant qu’il était observé.

Notez que pour “piquer l’intérêt” de ces “chasseurs d’extraterrestres”, un signal doit d’abord subir toute une série de tests automatisés visant à écarter toute interférence terrestre évidente. Des signaux candidats passent régulièrement ces tests, et la plupart sont généralement très vite rejetés, considérés alors comme des “mirages” ou des “erreurs”. Mais pas celui-ci.

Le célèbre magasine Scientific American s’est également entretenu avec les astronomes à l’origine de la découverte. Ces derniers avertissent qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, mais admettent que l’intérêt est justifié. “Il a (le signal, ndlr) des propriétés particulières qui l’ont amené à passer bon nombre de nos contrôles, et nous ne pouvons pas encore l’expliquer“, explique Andrew Siemion, de l’Université de Californie à Berkeley.

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Le radio-télescope Parkes. Crédits CSIRO

Une techno-signature ?

Cette fréquence de 982 MHz est notamment intrigante dans la mesure où cette bande d’ondes radio très précise est généralement libérée par des satellites fabriqués par l’Homme. “Nous ne connaissons aucun moyen naturel de compresser l’énergie électromagnétique dans un seul bac de fréquence comme celui-ci“, poursuit l’astronome. “Peut-être qu’une bizarrerie exotique encore inconnue de la physique des plasmas pourrait être une explication naturelle à ces ondes radio extrêmement concentrées”, dit-il. “Mais pour le moment, la seule source que nous connaissons est d’origine technologique“.

Le Guardian cite également une source anonyme avec eu accès aux données sur ce signal. “C’est le premier candidat sérieux pour une communication extraterrestre depuis le signal “Wow!”, un célèbre signal radio détecté en 1977 qui ressemblait également à une technosignature“.

Ceci dit, l’explication de “l’interférence terrestre” n’a visiblement pas encore été complètement écartée par les chercheurs, ce qui soulève toujours la possibilité que ce signal ait en réalité une origine beaucoup moins exotique. Et pour calmer une fois de plus les esprits, rappelons qu’un récent bulletin météorologique de notre voisine stellaire la plus proche laisse à penser que la vie n’a probablement aucune chance de se développer autour.