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Proxima Centauri : pour les extraterrestres, il va encore falloir attendre

Le radiotélescope Parkes, en Australie. Crédits : CSIRO / A. Cherney

Selon de nouvelles recherches, un étrange signal radio précédemment considéré comme un signe possible d’intelligence extraterrestre dans le système Proxima Centauri était en réalité d’origine terrestre.

Un signal extraterrestre ?

Il y a quelques mois, une équipe d’astronomes annonçait la détection d’un étrange signal radio en direction de Proxima Centauri, le système stellaire le plus proche du soleil (à environ 4,2 années-lumière), grâce au radiotélescope Parkes, en Australie. Au cours d’une enquête de 26 heures, plus précisément, le télescope avait enregistré plus de quatre millions de signaux radio provenant des environs du système, mais une rafale radio, enregistrée sur environ cinq heures, semblait se démarquer à la fois pour sa longue durée et sa longueur d’onde particulière.

En effet, les astronomes avaient enregistré un signal « à bande étroite », ce qui signifie qu’il n’occupait qu’une mince gamme de fréquences radio (982 MHz). Or, à notre connaissance, seuls nos satellites sont capables de compresser l’énergie électromagnétique dans un seul bac de fréquence comme celui-ci. Pourtant, l’équipe avait rapidement exclu cette hypothèse.

D’autre part, nous savons également que ce système abrite une planète rocheuse de taille terrestre possiblement habitable (Proxima b). Enfin, le signal, baptisé Breakthrough Listen Candidate 1 (ou BLC-1), semblait avoir légèrement « évolué » lors de son observation sur cinq heures, ce qui laissait à penser qu’il provenait d’une planète en mouvement.

La découverte avait titillé la curiosité des scientifiques du SETI. Malheureusement, ce signal n’avait été détecté qu’une seule fois, au printemps 2019, empêchant de fait une véritable étude de suivi. Les sceptiques soutenaient alors qu’il pouvait probablement s’agir d’une nouvelle forme d’interférence radio générée par nos activités terrestres. Et ils avaient raison.

proxima b proxima centauri
Vue d’artiste de l’exoplanète Proxima b. Crédits : ESO / M. Kornmesser / Wikipedia

Probablement un appareil défectueux

En réalité, il s’agissait « d’interférences radio d’origine humaine provenant d’une technologie, probablement à la surface de la Terre« , souligne Sofia Sheikh, de l’Université de Californie à Berkeley et coauteure de deux nouvelles études publiées dans Nature Astronomy.

Dans le cadre de ces travaux, le signal n’étant pas réapparu dans les observations ultérieures de l’étoile, les chercheurs ont examiné de plus près leurs données initiales. Ils ont alors découvert que leur programme de tri automatisé avait auparavant ignoré plusieurs signaux très semblables à BLC1, mais émis à des fréquences différentes.

Les chercheurs ont finalement conclu que BLC1 et ces signaux « sosies » étaient des composants de la même source radio. En outre, cette source radio venait probablement de la Terre, quelque part à quelques centaines de kilomètres du télescope Parkes Murriyang. Pour l’équipe, le fait que BLC1 ne soit apparu que pendant cette observation de cinq heures de Proxima Centauri n’est probablement qu’une coïncidence.

Étant donné que le signal n’est jamais réapparu, il est possible qu’il provienne d’un équipement électronique défectueux. La gamme de fréquences dans le signal était également « cohérente avec les fréquences d’oscillateur d’horloge courantes utilisées dans l’électronique numérique« , ont écrit les chercheurs, suggérant qu’un téléphone ou un ordinateur à proximité aurait pu produire ce fameux « signal extraterrestre ». Ils prévoient des études ultérieures pour déterminer précisément cette source.