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Si on confinait chaque année le monde, nous pourrions atteindre les objectifs pour le climat

Crédits : أمين / Wikipédia

Selon une récente étude, l’arrêt de l’économie en raison de la crise du Covid-19 a permis d’obtenir une diminution de 8,6 % des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. Il s’agit là d’une baisse historique !

Une étude quantifiant la baisse des émissions

Aux quatre coins du globe, près de la moitié de l’humanité est soumise à des mesures de confinement, ce qui entraîne notamment une baisse de la circulation routière et aérienne, et l’arrêt de nombreuses usines. Logiquement, cette baisse drastique des activités humaines a généré une importante baisse des émissions de CO2 à l’échelle mondiale. Une étude publiée dans la revue Nature Climate Change le 19 mai 2020 a fait les calculs.

Selon l’étude dirigée par la climatologue Corinne Le Quéré de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni), la crise du Covid-19 a généré une baisse de 8,6 % des émissions mondiales de CO2 entre le 1er janvier et le 30 avril. Or, il s’agit d’une baisse de 1,048 milliards de tonnes de CO2 par rapport à la même période en 2019. La baisse du trafic routier est de 36 % et celle du trafic aérien de 60 %. Les secteurs de l’électricité et de l’industrie ont également baissé respectivement de 7,4 % et 19 %.

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Crédits : capture écran/AFP Images

La plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale

Il faut savoir que les émissions quotidiennes de chaque pays du monde ont baissé de 26 % en moyenne durant le pic du confinement (autour du 7 avril). Dans notre pays, la baisse maximale observée est de 34 % – le 20 mars – et jusqu’à la fin avril ce niveau est resté sensiblement le même.

Citons d’autres pays comme l’Allemagne (-26,4 %), la Chine (-23,9 %) et les États-Unis (-31,6 %). La baisse la plus importante est donc celle des États-Unis, pays le plus touché par le Covid-19. Toutefois, la Chine décroche la palme de la baisse des émissions de CO2 en termes de volume : 242 millions de tonnes de CO2 !

Selon les chercheurs, le confinement sera à l’origine d’une baisse comprise entre 4 et 7 % sur l’année 2020 en fonction de l’éventuelle persistance des restrictions et l’intensité de la relance, ce qui correspondrait à la plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale !

Un confinement chaque année ?

Pour Corinne Le Quéré, un taux de diminution des émissions de CO2 compris entre environ 4 et 7 % serait nécessaire au moins jusqu’en 2030 pour atteindre l’un des objectifs de l’accord de Paris sur le Climat. Cet objectif est la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Évidemment, cette baisse est exceptionnelle. Celle-ci ne trouve aucunement sa source dans des changements structurels, qu’il s’agisse du système économique, des transports ou de l’énergie. Confiner la moitié de la population quatre mois chaque année pendant plus d’une décennie est évidemment inconcevable. Ainsi, Corinne Le Quéré pense que les pays devraient appliquer des plans de relance économique prenant en compte les objectifs pour le climat.