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Les ténébrions aussi se livrent à du sexe oral avant de copuler

Crédits : DOI : 10.1002/ece3.6595

Une équipe de chercheurs a découvert qu’une espèce de ténébrions se livre à des pratiques sexuelles orales avant de copuler. Dans leur article, l’équipe décrit ce qu’elle a appris sur ces habitudes d’accouplement.

Le sexe oral dans le règne animal

La parade nuptiale est un comportement précopulatoire courant visant à obtenir le consentement de la femelle pour s’accoupler. Diverses formes de parades nuptiales existent dans le règne animal, telles que la vocalisation ou les mouvements ritualisés. Il y en a d’autres. En 1994, une étude avait notamment indiqué que le contact sexuel (par exemple, toucher la région génitale féminine) se produisait également chez les insectes. Quand est-il alors du contact sexuel oral ?

Un comportement connexe connu sous le nom d’autosuccion post-copulatoire a déjà été rapporté chez plusieurs espèces, notamment chez les vers plats et chez quelques mammifères. Cependant, comme son nom l’indique, ce comportement est auto-oral et se produit après la copulation. D’autres études ont également signalé des activités de type fellation chez de certains mammifères, tels que les chauves-souris, les macaques, les guépards, les lémuriens, les hyènes, les lions, les dauphins et les bonobos.

En revanche, les descriptions de contacts sexuels oraux précopulatoires chez les invertébrés restent rares, et les quelques cas documentés n’ont révélé qu’un aperçu général de l’occurrence et de la signification hypothétique probable de ce comportement. Autrement dit, jusqu’à présent, nous savions peu de choses sur ce comportement sexuel oral ou son incidence sur la sélection sexuelle, d’où l’intérêt de cette étude.

Des « fellations » chez les ténébrions

Dans un article publié dans la revue Ecology and Evolution, une équipe internationale décrit en effet ce type de comportement chez Platyope mongolica, une espèce de ténébrion évoluant généralement dans les déserts (en l’occurrence ici, en Mongolie). Dans le cadre de travaux visant à sonder leurs habitudes d’accouplement, le groupe a collecté plusieurs échantillons des deux sexes pendant la saison des amours pour étudier leurs interactions plus en détail en laboratoire.

Les chercheurs ont alors observé que les femelles annonçaient leur volonté de s’accoupler en poussant leur extrémité abdominale vers le haut. Les mâles répondaient ensuite en avançant vers la femelle, puis utilisaient leurs palpes maxillaires (un organe sensoriel situé sur la bouche) pour stimuler leurs organes génitaux. Les femelles cessaient alors généralement de se déplacer pour permettre un accès plus facile.

Au cours de la stimulation orale, les femelles semblaient également juger de son efficacité. Si elles n’étaient pas satisfaites, elles rabaissaient leur arrière-train et s’en allaient.

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Accouplement de Platyope mongolica. A : contacts sexuels oraux entre mâle et femelle. B : copulation mâle-femelle. C : Individus sans aucun contact sexuel oral, en vue postérieure sous imagerie anatomique. D : spécimens après contact sexuel oral (vue dorsale). Crédits : DOI : 10.1002/ece3.6595

Les chercheurs ont étudié ces comportements plus en détail en désactivant différentes parties des mâles ou des femelles dans l’espoir d’en savoir plus sur leur importance dans le processus d’accouplement. Ils ont alors découvert qu’une stimulation orale infructueuse conduisait effectivement à un accouplement infructueux.