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Le sexe anal à l’origine de problèmes de santé chez les femmes

Crédits : VladimirFLoyd / iStock

Si la pratique du sexe anal est encore taboue pour de nombreuses personnes, sa popularité semble être en augmentation. L’an dernier, deux chirurgiennes britanniques ont toutefois publié une étude afin d’informer les médecins sur les risques de cette pratique chez les femmes.

Des risques bien réels

Le sexe anal (ou sodomie) est une pratique consistant à pénétrer l’anus du partenaire, la plupart du temps à l’aide du pénis ou encore au moyen d’un objet pour le remplacer. Longtemps considérée comme étant déviante, car ne menant pas à la reproduction, la sodomie est encore taboue dans de nombreuses régions du globe et est rejetée par les religions. Reste que cette pratique voit aujourd’hui sa popularité augmenter, ce qui interroge naturellement sur les potentiels risques pour la santé. Tabitha Gana et Lesley Hunt, deux chirurgiennes britanniques, ont ainsi publié une étude sur la question dans la revue BMJ en novembre 2021.

Selon les expertes, la sodomie engendre chez les femmes de l’incontinence fécale et des lésions du sphincter anal. Par ailleurs, il faut savoir que les femmes ont des risques d’incontinence plus élevés, car les effets hormonaux sont différents entre les hommes et les femmes. Citons également les conséquences d’une grossesse sur le plancher pelvien. Il s’avère que les femmes ont des sphincters anaux moins robustes que les hommes ainsi qu’une pression plus faible du canal anal.

Les autrices de l’étude incitent à la vigilance en cas d’apparition de douleurs et autres saignements suivant un rapport anal. La plupart du temps, il s’agit de signes d’un traumatisme corporel. Or, ce même traumatisme peut s’accentuer si la sodomie est forcée, surtout que cette pratique est particulièrement risquée de par ses liens avec la consommation d’alcool et de drogues.

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Crédits : YakobchukOlena / iStock

Un sujet encore trop évité

La sodomie a connu une réelle démocratisation, voire une explosion, à la fin du XXe siècle, et ce, jusqu’à aujourd’hui, notamment avec sa normalisation dans divers films et séries TV. Néanmoins, les médecins n’ont pas cherché à communiquer davantage sur les risques inhérents à cette pratique. Or, selon les deux expertes, ce manque d’information criant est en partie responsable de l’insouciance de toute une génération de femmes. Les chiffres parlent d’ailleurs dans ce sens. The Guardian rappelle que 28,5% des jeunes de 16 à 24 ans ayant des rapports hétérosexuels pratiquent la sodomie contre « seulement » 12,5 % il y a plusieurs décennies. En France, un sondage IFOP de 2019 stipulait que 21 % des femmes pratiquent la sodomie de manière fréquente.

Ainsi, la sodomie est désormais généralement considérée comme une pratique agréable et non comme un comportement inhabituel. Et pour ne pas donner l’impression d’être homophobes, une partie des médecins éprouvent des difficultés à parler du sujet, et donc des risques potentiels. Toutefois, éviter le sujet mène certaines femmes à ne pas évoquer certains symptômes dont le résultat n’est autre que des diagnostics manqués, des traitements inadaptés et autres préjudices.

Souvent, même les informations officielles manquent de substance, comme le montre la communication du National Health Service (NHS) au Royaume-Uni. En effet, il y est seulement question de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles (IST). Il n’existe aucune mention des problèmes d’incontinence, de déchirure anale ni même des aspects psychologiques comme le fait que certaines femmes se sentent parfois forcées à la pratique.