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Nous serions plus proches de nos animaux de compagnie que de nos frères et soeurs

Crédits : Pixabay / BenjaminNelan

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Cambridge suggère que les enfants sont plus proches de leurs animaux de compagnie que de leurs frères et sœurs.

Tout d’abord, personne ne suggère ici que les animaux de compagnie peuvent remplacer le rôle précieux que frères et sœurs jouent dans la vie des enfants. Mais une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) suggère que les enfants ont des relations plus solides avec leurs animaux de compagnie qu’avec leurs frères et sœurs. L’étude s’ajoute à la masse croissante de preuves considérant le rôle crucial joué par les animaux dans notre bien-être, quelque chose que les scientifiques ont longtemps négligé.

Demander aux enfants d’évaluer leurs relations ne serait pas la façon la plus objective de mesurer l’importance de cette relation. Les chercheurs voulaient néanmoins en savoir un peu plus sur la façon dont les animaux de compagnie de la famille peuvent influer sur le bien-être et le développement des enfants à mesure qu’ils grandissent. Le but étant, in fine, de comparer cette relation avec d’autres liens familiaux étroits. Pour cela, les chercheurs ont interrogé 77 enfants âgés de 12 ans (filles et garçons) et tous issus de familles différentes au Royaume-Uni. Tous ces enfants avaient ou ont eu au moins un animal de compagnie à la maison et un ou plusieurs frères et sœurs.

Pour cette étude, les chercheurs ont adapté ce qu’on appelle l’inventaire de qualité d’une relation, un outil psychologique bien établi qui mesure la qualité des relations entre les gens. Ils ont notamment constaté que les enfants avaient déclaré avoir des relations plus solides avec leurs animaux de compagnie qu’avec leurs frères et sœurs, ainsi que des niveaux inférieurs de conflits. Les résultats sont particulièrement marquants avec les chiens.

Notez que ce test n’est pas un moyen objectif d’évaluer les relations fraternelles d’un enfant. À cet âge, nous nous battons souvent avec nos frères et sœurs et nous avons parfois l’impression qu’ils nous comprennent à peine. Ainsi, questionner un enfant de 12 ans sur ses relations fraternelles se heurte forcément à ces complications. Mais à ce stade précoce de la recherche, les chercheurs se sont essentiellement concentrés sur la relation avec l’animal. Et les résultats suggèrent que ce dernier joue un rôle crucial chez les enfants interrogés qui estiment que leurs animaux étaient « toujours à leur disposition ».

« Le fait que les animaux ne peuvent pas “comprendre” ou répondre en retour peut être un avantage, car cela signifie qu’ils sont complètement sans jugement », explique Matt Cassells qui a participé à l’étude. Le chercheur détaille également que « les filles ont déclaré avoir des relations plus étroites avec leurs animaux de compagnie que les garçons », indiquant peut-être que ces dernières pouvaient interagir avec leurs animaux de manière plus nuancée.

Il y a quelques mois, un groupe de psychiatres publiait un document montrant que les animaux peuvent avoir des avantages énormes et mesurables pour les personnes atteintes de maladies mentales. Il serait décidément temps de sérieusement considérer les animaux comme de véritables individus à part entière capables d’influer de manière positive sur le comportement et le développement humain.