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Et vous, seriez-vous excité à l’idée de toucher les parties intimes d’un robot ?

Crédits : Capture vidéo

Roxxxy, le premier robot à vocation sexuelle de la société True Companions a du souci à se faire. En effet, des recherches dans la célèbre université Stanford ont été menées et une expérience avec NAO, le petit robot développé par Aldebaran Robotics n’a pas laissé indifférentes les personnes qui ont eu la chance de lui faire face. 

Dans le cadre du « Human-Robot Interaction & Virtual Reality Labs », le chercheur Jamy Li a invité 26 participants pour une expérience qui se faisait au travers d’instructions données par le robot dans une pièce où ils n’étaient que tous les deux. L’expérience était divisée en trois phases :

  1. Le robot demande au participant de toucher la partie de son propre corps.
  2. Le participant doit toucher la partie du corps du robot avec sa main dominante.
  3. Le robot apprend au participant le terme médical correspondant.

13 parties du corps faisaient partie de l’expérience. Il y avait les parties facilement accessibles comme les mains, les bras, le front et le cou ainsi que des parties les plus difficiles d’accès comme l’entrejambe, l’intérieur des cuisses, la poitrine ou encore le postérieur ! Des capteurs sur la main non dominante mesuraient le temps de réaction ainsi que la conductivité de la main.

Et les résultats sont surprenants : à l’idée de toucher ces parties moins accessibles, les interlocuteurs du robot ont fait preuve d’excitation émotionnelle et physiologique, semblable à celle que peuvent ressentir deux humains ayant des rapports ! Les réactions mesurées étaient par ailleurs très manifestement différentes de celles observées pour le cou ou les mains. Certains semblaient beaucoup plus réticents à l’idée de toucher les parties intimes et faisaient preuve d’hésitation.

En tout cas, le résultat de cette interaction est que les conventions sociales, les codes moraux et autres schémas intuitifs sont apparus malgré le fait que l’un des interlocuteurs ne soit qu’un simple robot (et on ne peut pourtant guère le comparer aux humanoïdes de plus en plus ressemblants aux humains et pourvus de faux vrais attributs), on peut donc en conclure que « les robots représentent une nouvelle forme de médium particulièrement puissante. Cela montre que les gens répondent aux robots de façon primitive et sociale ». Pour Kathleen Richardson, une autre chercheuse, cette réaction s’apparente à la théorie du chien de Pavlov et la question des réflexes conditionnés appliqués à la sexualité humaine, elle pense en effet que ces personnes peuvent avoir réagi, car cela leur paraissait obscène ou périlleux. Elle admet néanmoins une plus grande complexité que cela tout de même pour les rapports de cet ordre. Quoi qu’il en soit, ces trouvailles pourraient influencer les domaines de la conception de robots et la théorisation des systèmes artificiels.

Le débat autour des relations entre les humains et les humanoïdes n’a pas cessé de croître ces dernières années, surtout concernant les relations d’ordre sexuelles. Un sondage par l’université de Middlesex en 2014 informait qu’un Britannique sur cinq se sentait prêt à avoir des relations sexuelles avec un robot. Pour David Levy, auteur de Sex with Robots, ces rapports vont finir par se banaliser et des questions d’ordre légal pourraient se poser (comme la possibilité de se marier avec un robot). En 2015, les créateurs de Pepper, un « compagnon » qui peut répondre aux émotions humaines ont créé un contrat avec une clause importante qui inclut la question des comportements sexuels ou indécents. Ils ont ainsi exhorté leurs clients « à ne pas développer des applications ou des actions sexy, obscènes ou violentes pour Pepper ».

Quoi qu’il en soit, la capacité de ces robots à sentir le monde, bouger et interagir de manière de plus en plus perfectionnée n’a pas fini de perturber les humains… dans tous les sens du terme !

La vidéo explicative :

Sources : Humanoïdes ; Wired