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Sera-t-on bientôt capable d’observer directement les exoplanètes ?

Crédits : iStock

Au 1er octobre 2017, 3 671 planètes exoplanètes ont été confirmées dans 2 751 systèmes. Malheureusement, toutes ont été détectées par des moyens indirects (microlentille gravitationnelle, photométrie de transit, ou encore méthode de la vitesse radiale). Le fait est que, à ce jour, les astronomes n’ont pas les moyens techniques de pouvoir observer directement ces mondes étrangers. Les télescopes actuels ne sont pas assez puissants. Le Blue Project, un consortium de scientifiques, d’universités et d’institutions, pourrait en revanche bientôt changer la donne.

Une campagne de financement participatif sur Indiegogo est en effet lancée dans le but de pouvoir financer le développement d’un télescope spatial destiné à explorer les mondes autour du système Alpha Centauri, d’ici 2021. Proxima Centauri b est en effet une exoplanète probablement tellurique, d’une masse minimale de 1,3 masse terrestre, en orbite dans la zone habitable de l’étoile naine rouge Proxima Centauri. Le tout à « seulement » 4,2 années-lumière de la Terre. D’où l’intérêt de la communauté scientifique. PDG de l’Institut SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), Bill Diamond expliquait il y a quelques jours dans un communiqué de presse que le but de ce projet était de « montrer que la Terre n’est pas seule dans le cosmos en tant que planète capable de supporter la vie. Ne serait-il pas étonnant de voir une telle planète dans notre système stellaire le plus proche ? », a-t-il dit. « C’est la raison fondamentale pour laquelle nous cherchons« .

Fondamentalement, les astronomes ont pour l’heure été incapables de repérer la lumière réfléchie par l’atmosphère d’une exoplanète, tout simplement parce que la lumière émise par l’étoile parent est jusqu’à dix milliards de fois plus brillante. Le défi est donc de savoir comment bloquer cette lumière ultra-brillante pour nous laisser entrevoir la présence de l’exoplanète. Pour bientôt ? C’est possible. Si l’on manque encore d’éléments, Franck Marchis, astronome planétaire au SETI et chef d’opération du projet Blue Project, a récemment déclaré que « la technologie utilisée pour détecter une planète dont la luminosité est de 1 à 10 milliards de fois plus faible que son étoile avait été testée intensivement en laboratoire« , et qu’ils étaient « prêts à concevoir un télescope spatial avec cet instrument« . Reste plus qu’à trouver les fonds, donc.

Si le projet atteint ses objectifs de financement participatif, l’organisation a l’intention de déployer le télescope en orbite proche de la Terre (NEO) d’ici 2021. Le télescope passerait ensuite les deux prochaines années à observer le système Alpha Centauri. Au total, entre le développement de l’instrument et la fin de sa campagne d’observation, cette mission pourrait ne durer que six ans. Une mission ultra-courte, mais aux répercussions énormes. Au-delà de cela, cette mission à bas coûts cherche également à capitaliser sur une tendance croissante qui tend à faire collaborer les institutions scientifiques et les citoyens. C’est d’ailleurs, outre sa mission principale, l’un des principaux objectifs du Blue Project : celui de faire participer le public, et de l’éduquer sur l’importance de l’exploration spatiale.

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