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Sept éminents climatologues publient un communiqué alarmant sur la situation

Un communiqué de sept pages publié par un groupe de sept éminents climatologues internationaux alarme sur la hausse des températures sur Terre. Si de gros efforts ne sont pas réalisés maintenant, l’objectif de limiter la hausse des températures à 2°C pourrait ne pas être réalisable, ce seuil pouvant être atteint très rapidement.

Selon les accords de Paris survenus en 2015 après la COP21, il est primordial de limiter la hausse des températures sur la Terre en dessous du seuil de +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle dès 2050, auquel cas les effets seraient hors de contrôle, avec notamment une hausse du niveau des océans et une augmentation de la fréquence des épisodes météorologiques extrêmes. Pour certains climatologues, il est même préférable de privilégier un objectif plus ambitieux, celui de limiter la hausse des températures à 1,5°C pour ne pas entrer dans une situation critique.

Ce groupe de sept éminents climatologues tire la sonnette d’alarme et publie un communiqué de sept pages résumant une situation déjà critique, intitulé « La vérité sur le changement climatique« . Pour Robert Watson, ancien président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et porte-parole de ces sept scientifiques issus de plusieurs pays, « le réchauffement se produit maintenant et beaucoup plus vite que prévu« , alors que la Terre s’apprête à battre un record de chaleur pour la troisième année consécutive.

« Sans efforts supplémentaires par tous les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, l’objectif de limiter la hausse des températures à 2°C pourrait même être atteint encore plus tôt » estime Robert Watson. En effet, au cours de ces dernières années, la hausse des températures a largement accéléré ; en 2015 la température moyenne sur le globe était déjà montée 1°C au-dessus de celle de l’ère pré-industrielle au XIXe siècle, elle n’était que de 0,85°C en 2012, selon l’Organisation Météorologique Internationale. De plus, le nombre de phénomènes climatiques extrêmes liés au réchauffement comme les sécheresses, incendies de forêt, inondation et ouragans, a déjà doublé depuis 1990, expliquent les scientifiques.

Pour ces scientifiques, la situation est critique puisque même si tous les pays signataires des accords de Paris respectaient leurs engagements, les émissions globales de gaz à effet de serre ne diminueront pas assez rapidement au cours des quinze prochaines années. L’objectif ambitieux de maintenir la hausse des températures sous 1,5°C est « presque certainement impossible » et ce seuil pourrait être atteint dès 2030. Tout en sachant que pour 80% des pays signataires, le respect des objectifs dépend de l’octroi d’une aide financière et d’une assistance technique par les nations les plus riches.

La situation politique aux États-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre, est une inquiétude de plus. « Même si Trump, qui nie la réalité du changement climatique, perd et qu’Hillary Clinton entre à la Maison Blanche, si les deux chambres du Congrès restent contrôlées par les républicains, cela posera un vrai problème pour l’accord de Paris« , a déclaré Robert Watson. « La plate-forme politique des républicains veut défaire l’accord de Paris et produire et exporter plus de charbon« , s’est-il alarmé. « Cela encouragerait les autres pays à renoncer à leurs engagements« .

Source : AFP

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Rédigé par David Louvet-Rossi