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Le sens de l’orientation est-il réellement plus prononcé chez l’homme que chez la femme ?

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Lors d’une discussion entre amis ou d’un différend en voiture avec sa moitié sur la route des vacances, qui n’a jamais entendu parler de la supposée prédominance masculine sur le sens de l’orientation ? Des expériences ont été menées pour tenter de déterminer une cause physiologique visant à affirmer ou infirmer cette hypothèse.

Le sens de l’orientation affecté par le stéréotype

Le stéréotype du « déficit féminin sur le sens de l’orientation » aurait un impact inconscient sur le comportement. De ce fait, les femmes agiraient en ce sens pour ne pas déroger à l’opinion publique. De plus, durant une étude menée par des spécialistes français, les femmes connaissant à l’avance le but de cette évaluation voyaient leurs performances diminuées.

« Le simple fait d’être évaluées dans un domaine pour lequel leur groupe est affublé d’un stéréotype négatif semble ainsi provoquer une moindre performance dans le domaine en question. Tout en continuant à comprendre les processus sous-jacents à ces effets, les futures recherches devront mettre l’accent sur les stratégies permettant de lutter contre les effets de menace du stéréotype », affirment les spécialistes.

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Crédits : pics_pd / pixnio

Aucun rôle majeur provenant de la testostérone

La recherche suit la piste de l’hormone sexuelle mâle : la testostérone. Une université de Norvège a réalisé en 2016 une expérience impliquant un panel d’une quarantaine de femmes adultes allant jusqu’à trente ans dont la moitié avait reçu une dose de testostérone dans le but de leur faire mémoriser un parcours à l’aide de lunettes 3D.

« Le groupe testostérone avait une meilleure représentation des directions dans l’environnement et a obtenu des résultats significativement meilleurs sur la tâche de rotation mentale par rapport au groupe placebo, mais la réussite de la navigation et la stratégie de navigation étaient similaires dans les deux groupes », expliquent les scientifiques de cette étude.

Résultat : la testostérone ne produit qu’un effet négligeable sur l’ensemble de la reconnaissance spatiale.

Les jeux vidéo et la rotation mentale

Selon une étude dirigée par une équipe de l’Université de Toronto, jouer à des jeux vidéo d’action favorise la rotation mentale, cette aptitude à tourner mentalement des lieux ou des objets. Beaucoup de femmes en sont adeptes également aujourd’hui, ce qui équilibre la balance de l’apprentissage virtuellement ludique des repères avec les hommes.

« Après seulement dix heures d’entraînement avec un jeu vidéo d’action, les sujets ont réalisé des gains substantiels en matière d’attention spatiale et de rotation mentale, les femmes en bénéficiant davantage que les hommes. Les sujets témoins qui ont joué à un jeu sans action n’ont montré aucune amélioration », concluent les chercheurs.

L’instinct de nos ancêtres

Une autre supposition a trait à l’instinct préhistorique ancré dans nos gênes. L’homme devait en effet accroître son aptitude à se repérer dans son environnement pour traquer et ramener sa proie, tandis que la femme n’en avait pas forcément l’utilité pour ses propres tâches.

Ce que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est qu’aucun degré de capacité d’orientation ne serait déterminé par la différence homme/femme. Cela viendrait en réalité de la pratique du déplacement au quotidien dans notre environnement. Cependant, certaines personnes vivent totalement dénuées de ce sens et adoptent des méthodes bien particulières pour suivre un itinéraire.