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Le Sénat américain veut une autre entreprise pour aller sur la Lune

Image conceptuelle d'un astronaute Artemis marchant sur la surface lunaire. Crédits : NASA

Le plus grand comité du Sénat américain demande à la NASA de choisir une deuxième entreprise pour construire son nouvel atterrisseur lunaire dans le cadre de son programme Artemis. Pour ce faire, l’agence américaine va devoir composer avec une (petite) rallonge budgétaire.

En avril 2021, la NASA annonçait que SpaceX serait son unique prestataire pour fournir le futur atterrisseur lunaire du programme Artemis qui vise à ramener des humains sur la Lune au cours de la décennie. Cette décision avait surpris, car beaucoup s’attendaient à ce que l’agence choisisse deux des trois sociétés positionnées pour ce contrat pour soutenir le principe de concurrence. La NASA s’était alors justifiée en soulignant le manque de ressources nécessaires pour soutenir deux équipes.

La décision initiale de la NASA d’octroyer ce contrat pour la construction et le développement d’un atterrisseur lunaire uniquement à SpaceX a également suscité de vives protestations de la part de ces deux sociétés concurrentes, Blue Origin et Dynetics, qui n’ont pas hésité à poursuivre la NASA sur le plan juridique. Ces opérations, toujours en cours, ont temporairement suspendu le développement de ce programme d’atterrisseur. Et visiblement, au moins l’une de ces deux sociétés aura gain de cause.

Le Sénat veut un second prestataire

Le mardi 18 octobre, le comité sénatorial des crédits, le plus grand comité sénatorial américain qui supervise toutes les lois sur les dépenses discrétionnaires au Sénat, a en effet demandé à la NASA de choisir une deuxième société. (Traduisez : nous voulons aussi Blue Origin.)

Pour ce faire, une rallonge budgétaire de 100 millions de dollars sera accordée à la NASA, selon SpaceNews. Avec ce finalement, la NASA devrait pouvoir « assurer la redondance et la concurrence, y compris un soutien solide pour la recherche, le développement, les tests et l’évaluation pour pas moins de deux équipes HLS« , peut-on lire dans un rapport.

Le rapport demande à la NASA de remettre au Congrès un plan détaillant la manière dont elle pourra intégrer cette seconde équipe dans le cadre de son programme Artemis. Ce plan, qui doit être remis au Congrès dans les trente jours suivant l’adoption du projet de loi, devra également inclure des projections budgétaires pour les prochaines années, jusqu’en 2026.

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Crédits : SpaceX

En attendant, le programme continue de prendre du retard. Le lanceur Space-Launch System (SLS) de la NASA, censé lancer la première mission Artemis (non habitée) en novembre, ne prendra pas son envol avant l’été prochain.

De fait, nous devons ainsi nous attendre à ce que le reste du calendrier soit également décalé. La mission Artemis II, qui devait envoyer un premier équipage autour de la Lune depuis les missions Apollo, aura probablement lieu en 2023/2024, tandis que la mission Artemis III, qui verra de nouveau les humains poser les pieds sur notre satellite, ne pourra pas avoir lieu avant au moins 2025.