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C’est la semaine du Cerveau ! Retour sur 30 ans de recherches

Crédits iStock

Ceux qui sont curieux de comprendre le fonctionnement de l’organe le plus compliqué de notre organisme peuvent participer à la 17eme édition de la Semaine du Cerveau coordonnée par la Société des Neurosciences qui a lieu en France du 14 au 20 mars 2016. C’est un événement organisé dans 30 villes françaises et 62 pays. En 2015, 35 000 personnes ont participé à cet événement. Plusieurs conférences, manifestations, ateliers et ciné débats liés à la recherche dans la médecine sont à la disposition du public. Au total, plus de 400 manifestations sont prévues à travers l’Hexagone jusqu’à dimanche. C’est un peu dans le même ordre d’idée que la Fête de la Science qui a pour objectif d’ouvrir la science au public avec des milliers d’animations gratuites. À cette occasion, la science investit les lieux publics et les chercheurs viennent à votre rencontre.

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Sur le site de la Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (FRC) il est question de l’évolution du cerveau au cours de la vie et des multiples tâches qu’il nous permet de réaliser chaque jour comme « commander nos mouvements, nous diriger dans l’espace, apprendre, prendre des décisions, avoir un langage, (…), réguler nos interactions sociales ».

La FRC a aussi organisé cette semaine le Neurodon pour collecter des dons afin de financer les études menées sur les maladies cérébrales. La priorité dans la recherche est donnée aux pathologies liées aux interactions entre sommeil et rythmes circadiens. Les maladies neurologiques et psychiatriques ont aussi énormément besoin de financement. Cela va aider à comprendre les dysfonctionnements du cerveau et permettre de développer de nouvelles méthodes de traitement des maladies cérébrales.

>> Voir le programme ville par ville

30 ans de recherche sur le cerveau

Jean-Antoine Girault, le président de la Société des neurosciences et également médecin neurobiologiste ainsi que neurologue, a dressé avec Sciences et Avenir le bilan de 30 ans de recherche. Il raconte l’idée principale de la Semaine du Cerveau qui est de rassembler « 700 chercheurs en neurosciences et médecins [qui] vont à la rencontre du public dans différentes formes de manifestations, pour parler de leur travail, de leurs progrès et des grandes questions qui se posent. Ces informations ne doivent pas être réservées uniquement aux spécialistes.»

Les réponses à certaines de ces questions peuvent intéresser un large public:
Quelles ont été les grandes avancées de ces trente dernières années ? 
 
On a fait des progrès fantastiques dans la connaissance de l’organisation microscopique du cerveau, de l’agencement des neurones, des composants moléculaires qui permettent leur activité. Il y a eu aussi d’immenses progrès dans la connaissance des bases de l’activité électrique des neurones. En particulier grâce à des techniques qui permettent de mesurer l’ouverture ou la fermeture des canaux ioniques et de suivre l’activité des neurones en direct. Un grand nombre de neurotransmetteurs a également été identifié, ainsi que les mécanismes de leur libération. Comment ils agissent sur des cellules cibles, comment ils sont dégradés…, etc. Beaucoup de questions demeurent, mais dans ce domaine les grandes lignes sont connues. En trente ans, on a changé le monde !
Concernant la maladie d’Alzheimer quelles sont les prévisions?

Je pense qu’il faut avoir conscience de la difficulté des problèmes rencontrés. La description des lésions a été faite il y a très longtemps certes (1906) mais pratiquement tout ce qu’on sait à l’heure actuelle a été accumulé ces trente dernières années seulement ! On a fait des progrès considérables pour identifier les différentes voies moléculaires perturbées, la nature des lésions, les protéines impliquées… La déception vient des essais thérapeutiques. Si les résultats sur des modèles animaux peuvent sembler très encourageants, ils le sont beaucoup moins dès qu’on les applique à l’humain. C’est terriblement frustrant lorsqu’on est touché par la maladie, mais il ne faut pas sous-estimer la complexité des problèmes à résoudre.  Chaque année plusieurs pistes thérapeutiques s’ouvrent, mais malheureusement, on ne peut prévoir laquelle va réellement fonctionner chez les patients. Pour être honnête on ne peut pas faire de prévision.

 Quel est le défi de demain? 

Il nous manque le plan détaillé, très précis, du cerveau, son câblage, qu’on appelle le connectome. On ne connaît le câblage d’aucun système nerveux complexe ! Dans les mois ou les années qui viennent, on obtiendra le câblage complet et détaillé de celui de la drosophile. Dans moins de dix ans on aura celui du cerveau de la souris. Le connectome de l’humain prendra beaucoup plus de temps. C’est crucial pour savoir comment fonctionne l’organe.

Le deuxième très grand défi sont les maladies psychiatriques comme la dépression, le trouble bipolaire, l’autisme et tous les troubles de développement précoce du cerveau. On sous-estime souvent leur importance en terme de santé publique. Ce sont elles, pourtant, qui entraînent le plus de perte d’années de vie en bonne santé et sont un fardeau considérable pour les patients et la société. D’autant qu’elles commencent le plus souvent chez des sujets jeunes et peuvent durer toute la vie.

Retrouve le programme de la Semaine du Cerveau à Grenoble ici.

Source: Sciencesetavenir

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