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Selon une étude, une pilule pourrait remplacer le sport

Crédits : Farknot_Architect / iStock

De récents travaux menés au Japon laissent penser qu’une simple pilule pourrait se soustraire à l’exercice physique. Pour les chercheurs, ce médicament devrait aider à traiter les personnes souffrant de fragilité locomotrice. Néanmoins, un tel médicament pourrait faire l’objet de dérives.

Des effets similaires à ceux de l’activité physique

Une pilule pour remplacer le sport ? L’idée n’est pas nouvelle. En 2015, des scientifiques australiens et danois avaient affirmé qu’il pourrait s’agir d’un excellent moyen de reproduire les réactions du corps à une activité physique. Autrement dit, il est question de bénéficier des avantages de l’exercice physique sans efforts. Depuis, l’idée a fait son chemin et a refait son apparition dans une étude publiée par une équipe de la Tokyo Medical and Dental University (Japon) dans la revue Bone Research le 3 août 2022.

Rappelons au passage que les muscles ne servent pas seulement à la locomotion. En effet, il s’agit aussi d’une réserve de protéines jouant un rôle sur la métabolisation des sucres. Cette dernière est très importante pour la santé. Or, la Science recherche depuis quelque temps un moyen biologique de maintenir (ou renforcer) la masse musculaire.

Dans le cadre de leur travaux, les chercheurs nippons expliquent avoir identifié une nouvelle molécule qui pourrait soutenir le traitement des personnes souffrant de fragilité locomotrice. Il est donc question d’une pilule capable de fournir des effets similaires à ceux que génèrent l’activité physique. Par ailleurs, il faut savoir que l’inactivité physique est source de fragilité des muscles mais aussi des os (sarcopénie et ostéoporose), et peut donc induire une perte d’autonomie.

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Crédits : Yaroslav Astakhov / iStock

Des résultats encourageants

Les scientifiques ont utilisé un nouveau système de criblage séquentiel de médicaments. Celui-ci a permis d’identifier un dérivé d’aminoindazole : le locamidazole (LAMZ). Il s’agit ici d’une molécule capable de produire un signal permettant de tromper le muscle. Autrement dit, il s’agit de faire croire au muscle que la personne pratique réellement une activité physique. Les chercheurs ont administré le LAMZ à des souris par voie orale, et ce dernier a ensuite intégré la circulation sanguine. La prise de la molécule s’est déroulée avec succès et n’a généré aucun effet secondaire.

Selon les résultats, les souris testées ont présenté une plus grande largeur de fibres musculaires, une force musculaire maximale plus importante, une hausse du taux de formation osseuse ainsi qu’une activité de résorption osseuse plus faible. Pour les scientifiques, la découverte est intéressante et pourrait aider les individus incapables d’améliorer leur masse musculaire au moyen d’exercices physiques. Autrement dit, une pilule renfermant la molécule LAMZ pourrait redonner de l’autonomie à ce type de personnes.

Toutefois, la démocratisation de ce médicament pourrait donner lieu à des dérives peu acceptables. En effet, il se pourrait qu’un nombre incalculable de personnes ne souffrant pas de fragilité locomotrice désirent consommer le produit par paresse. Il faut dire que pour un grand nombre d’individus désirant entretenir leur corps ou perdre du poids, passer par la case « sport » ne suscite pas vraiment d’enthousiasme. De plus, les contre-indications concernant la fameuse pilule ne sont pas encore connues, ni même les effets sur le long terme ou sur une population plus large.