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Selon une étude, toutes les extinctions de masse étaient liées à un réchauffement climatique

Crédits : Pixabay

Une récente étude s’est intéressée à la deuxième disparition massive d’espèces animales et végétales de l’histoire de la planète. Intervenue il a plus de 400 millions d’années, celle-ci aurait un lien avec une augmentation rapide de la température.

Même cause pour toutes les extinctions de masse

Vers la fin de l’ordovicien il y a 445 millions d’années, de nombreuses espèces animales et végétales ont disparu de la surface du globe. Il s’agissait de la deuxième plus importante des cinq extinctions de masse que notre planète ait connu. Or, jusqu’à aujourd’hui, la Science pensait que les causes de cette seconde extinction étaient liées à un refroidissement de notre planète. Il s’agit donc de causes différentes de celles des quatre autres extinctions, à savoir un volcanisme très important ayant réchauffé la Terre.

Dans une étude publiée dans la revue Geology le 18 mai 2020, des chercheurs britanniques et canadiens estiment que cette seconde extinction est bien l’œuvre d’un réchauffement. Cette conclusion a été permise grâce à l’analyse d’échantillons de roches du plancher océanique, datant de l’ordovicien et provenant d’Écosse.

Les résultats ont mis en exergue d’importants taux d’uranium. Rappelons qu’il s’agit d’un matériau s’accumulant sur le fond marin lorsque les océans perdent leur oxygène. Or, cette perte d’oxygène serait due à un réchauffement des océans, lui-même causé par un important réchauffement climatique.

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Un volcanisme important aurait généré les cinq extinctions de masse de l’histoire de la Terre.
Crédits : capture YouTube / phonerepairgsm

Une conclusion qui ne fait pas l’unanimité

Un article publié par le New Scientist le 22 mai 2020 a donné la parole à deux géologues n’ayant pas participé aux recherches. Il s’agit d’Andrew Kerr, de l’Université de Cardiff (Royaume-Uni) et de Charles Mitchell, de l’Université d’État de New York à Buffalo (États-Unis). Or, ces deux chercheurs ont des avis contraires.

Andrew Kerr estime que cette découverte apporte de nouvelles pièces au puzzle. Selon lui, l’activité volcanique générant les réchauffements climatiques est le principal moteur des disparitions brutales d’espèces. L’intéressé indique d’ailleurs que l’extinction que nous vivons actuellement est également le fait d’un réchauffement. Toutefois, le volcanisme n’y est pour rien puisque les activités humaines sont en cause. Autrement dit, ce que nous qualifions de sixième extinction de masse ferait donc office d’intrus.

Pour Charles Mitchell, le scepticisme est de mise. Selon lui, il est question d’un refroidissement global et d’une glaciation sévère ayant débuté avant l’extinction et y ayant contribué. Toutefois, l’intéressé reconnaît que l’activité volcanique et le réchauffement climatique pourraient avoir joué un rôle dans les dernières phases de cette extinction.