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Selon une étude, le lac Victoria pourrait disparaître !

Crédits : 4665562 / Pixabay

À cheval sur trois pays d’Afrique de l’est, le lac Victoria pourrait un jour disparaître selon une nouvelle étude. Ce lac est l’un des plus grands au monde mais est également très vulnérable aux changements climatiques.

Un lac imposant mais vulnérable

Le lac Victoria couvre une surface de 68 100 km², principalement en Tanzanie et en Ouganda, avec une petite partie au Kenya. Bien que celui-ci soit alimenté par de nombreux cours d’eau, ses caractéristiques le rendent particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Citons sa topographie, son hydrologie mais surtout sa profondeur maximale, à savoir environ 80 mètres seulement.

Au cours des 100 000 derniers années, le lac Victoria, dont le volume est actuellement de 2 750 km3, s’est asséché au moins trois fois. Or, le dernier épisode du genre est intervenu il y a 15 000 ans. Malheureusement, ce phénomène pourrait bien se produire à nouveau selon une étude menée par des chercheurs étasuniens et publiée dans la revue Earth and Planetary Science Letters le 15 janvier 2020.

Prévoir les futurs niveaux du lac

Depuis plusieurs années, l’Afrique de l’Est subit de plus en plus fréquemment des épisodes de sécheresse. Néanmoins, les modèles climatiques prévoient une augmentation des précipitations dans la région. Toutefois, les études sont contradictoires à ce sujet. Selon les prévisions, le lac pourrait disparaître en raison des faibles variations de température et des précipitations liées au forçage orbital. Cette notion de forçage orbital est relative à de lents changements d’inclinaison de l’axe de la Terre et de la forme de l’orbite. Ceci modifie la quantité de rayonnement reçue à la surface terrestre et donc, le climat.

Les chercheurs ont considéré les variations du niveau du lac durant les 18 000 dernières années en se basant en grande partie sur les fossiles de diatomées (micro-algues unicellulaires). Or, ces fossiles sont des témoins de la salinité et donc du taux d’évaporation des eaux. Ensuite, les meneurs de l’étude ont élaboré des modèles destinés à prévoir les futurs niveaux du lac Victoria. Ces modèles prennent en compte le forçage orbital ainsi que les changements climatiques prévus dans la région.

Un déclin annoncé

Selon les conclusions, l’avenir du lac Victoria est plus qu’inquiétant. Une augmentation des températures de 2 °C causerait une baisse du niveau de l’eau de 5,2 à 9,5 cm par an, en raison d’une plus importante évaporation. En considérant le scénario le plus pessimiste, il devient alors question d’une baisse de presque 13 cm par an ! À ce train-là, le Nil Blanc disparaîtrait dans une décennie seulement, impactant fortement l’apport en énergie hydraulique de l’Ouganda et des pays en aval. Dans quatre siècles, le Kenya pendrait son accès au lac et les plus grands ports se retrouveraient à sec. Dans 500 ans, le lac Victoria pourrait ne plus être qu’un souvenir.

carte lac victoria
Crédits : University of Houston

En cas de disparition du lac, pouvons-nous espérer que celui-ci refasse son apparition un jour ? Selon les chercheurs, ceci est possible mais il s’agira d’un processus très long. Il faudrait que les précipitations atteignent au moins 131 cm par an, soit 9 cm de moins qu’aujourd’hui. Avec des précipitations inférieures, le lac pourrait seulement revenir dans au moins 10 000 ans !

Enfin, la disparition de cette vaste étendue d’eau douce sonnera comme une catastrophe. La population vivant dans la région dépend en majeure partie du lac, alors que celle-ci est en augmentation. Par ailleurs, le désastre écologique pour la biodiversité serait tout juste incommensurable.

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