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Selon une étude, l’auto-diagnostic sur le Web marche dans seulement un tiers des cas !

Crédits : Pixnio

Peu importe la nature des symptômes, leur simple apparition engendre chez les personnes concernées le besoin d’aller se documenter et donc de pratiquer l’auto-diagnostic sur le Web. Or, selon une récente étude australienne, les sites spécialisés répondant à ce genre de demandes sont assez peu fiables.

Une efficacité relative

L’apparition de maux de tête, d’une éruption cutanée et de bien d’autres symptômes peut générer du stress. Ainsi, nombreux sont ceux qui ne préfèrent pas attendre une visite chez le médecin pour en apprendre davantage sur leurs maux. Ceux-ci se rendent alors sur leur moteur de recherche et tombent sur une ribambelle de sites spécialisés. Dans une étude publiée dans le Medical journal of Australia le 11 mai 2020, des chercheurs de l’Edith Cowan University (Australie) se sont intéressés à l’auto-diagnostic sur le Web. Et selon eux, seulement 36 % des diagnostics en ligne sont justes.

Les meneurs de l’étude ont analysé 36 plateformes issues de moteurs de recherche variés dont Google, Yahoo, Ask, Search Encrypt ainsi que Bing. Ils ont mené 1 170 tests avec, à chaque fois, un scénario différent. Par ailleurs, si 36 % des diagnostics se sont révélés justes, les plateformes ont dans 49 % des cas livré de bons conseils afin de trouver de l’aide médicale. Autrement dit, les sites en question ont été inefficaces dans environ deux tiers des cas, et lorsque le diagnostic était juste les conseils ont été bons une fois sur deux.

capture google auto diagnostic
Crédits : capture Google

Ceci est d’autant plus problématique que, selon les chercheurs, Google traite environ 70 000 recherches chaque minute sur des questions de santé ! L’étude évoque également le fait que 40 % des australiens se servent du Web pour pratiquer l’auto-médication. Selon Sciences et Avenir, un sondage Ifop de 2013 indiquait que 74 % des internautes français menaient également ce genre de recherches sur le Web, et ce même en l’absence de symptômes.

L’auto-diagnostic est potentiellement dangereux

Selon la principale auteure de l’étude, Michella Hill, cette inefficacité qui caractérise l’auto-diagnostic peut parfois se révéler dangereuse. L’experte préconise la plus grande prudence face aux plateformes de santé. Selon elle, ces sites ne connaissent pas les antécédents médicaux des patients. De plus, un diagnostic rassurant pourrait se révéler faux alors qu’il est en réalité question d’une maladie plus grave. Il peut également s’agir d’un diagnostic évoquant à tort une maladie grave. Dans ce cas, la personne pourrait paniquer et prendre des médicaments non appropriés ou avec un dosage erroné. Par extension donc, l’auto-médication peut également s’avérer dangereuse.

Rappelons enfin la parution d’une étude britannique en 2018. Celle-ci, menée par Bupa UK, estimait que 57 % des requêtes sur les moteurs de recherche amenaient les internautes à penser à tort qu’ils étaient atteints d’un cancer.