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Selon une étude, la santé mentale pendant l’adolescence affecte la vie d’adulte

Crédits : Pixabay / AnnaKovalchuk

Une étude britannique récente indique que notre santé mentale à l’adolescence et à l’enfance influe sur certains marqueurs biologiques. Or, il s’agit de marqueurs concernant le vie à l’âge adulte ainsi que l’espérance de vie.

Des conséquences néfastes

Les problèmes de santé mentale dans l’enfance et l’adolescence engendrent des conséquences néfastes plus tard dans la vie. Les chercheurs de l’Université de Londres (Royaume-Uni) ont commencé avec ce constat dans le cadre de leur étude publiée dans le Journal of American Medicine Association le 30 septembre 2020. Les conséquences sont multiples : détresse psychologique, instabilité familiale, faible niveau scolaire, chômage et tendances à commettre des délits.

Néanmoins, plusieurs paramètres restent assez peu étudiés comme l’impact d’une mauvaise santé mentale sur la santé biologique à l’âge adulte. Des liens ont déjà été établis, notamment avec une faible pratique sportive, une forte consommation d’alcool et de tabac ainsi qu’une importante adversité socio-économique. Au niveau de la mortalité, des liens existent avec le suicide, les overdoses, les blessures non volontaires ou encore les homicides.

L’étude en question concerne la cohorte nationale britannique sur le développement de l’enfant. À l’origine, celle-ci intégrait 17 415 individus nés en 1958. Les parents et professeurs ont évalué leur santé mentale grâce à l’échelle A de Rutter. Il s’agit d’un outil dont le but est de mesurer de façon quantitative les difficultés et les comportements des enfants et adolescents.

fille chinoise
Crédits : PxHere

Une causalité plausible

Après les évaluations, les chercheurs ont mis en avant quatre groupes. Le premier concernait les individus n’ayant eu aucun trouble de conduite ou affectif à tous les stades de leur enfance et de leur adolescence. Au niveau du groupe II, nous avons des individus ayant eu des problèmes affectifs et surtout de conduite à partir de 16 ans. Les membres du groupe III sont des volontaires ayant eu des problèmes affectifs et de conduite durant l’enfance avec une amélioration par la suite. Quant au dernier groupe, il est question de personnes ayant eu des problèmes à tous les stades de leur enfance et de leur adolescence.

Selon les chercheurs, le groupe I a seulement servi de référence. Les résultats indiquent que les membres du groupe II et IV ont des biomarqueurs moins favorables à une bonne santé à l’âge adulte. Ceci s’accompagne d’ailleurs d’un risque plus élevé de mort prématurée. Plusieurs facteurs viennent s’ajouter selon les chercheurs comme le sexe, le poids à la naissance, le tabagisme maternel pendant la grossesse, l’âge maternel, l’allaitement ou encore l’indice de masse corporelle.

Il faut savoir que ces résultats ne permettent pas d’établir fermement un lien de causalité. En effet, l’étude concerne seulement un pays et celui-ci est occidental. Les auteurs estiment toutefois que le lien de causalité est plausible et généralisable à d’autres cohortes. En tout cas, cette étude semble dire qu’en intervenant de manière plus efficace sur la santé mentale des jeunes, il serait possible d’améliorer leur vie à l’âge adulte.