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Selon une étude, cet insecte confère aux chiens une bonne odeur

phlébotome mouche
Crédits : CDC / Wikipedia

Une petite mouche piquante vectrice d’une importante maladie parasitaire, la leishmaniose viscérale, pond souvent ses œufs sur les chiens avant de contaminer les humains. Or, l’insecte parvient à modifier l’odeur des chiens pour les rendre irrésistibles aux mouches femelles.

Attirer les femelles avec une odeur irrésistible laissée sur les chiens

La leishmaniose viscérale (ou fièvre noire) cause entre 20 et 30 000 décès par an. Il s’agit de la maladie parasitaire la plus meurtrière dans le monde après l’indétrônable paludisme. Un parasite du genre Leishmania est à l’origine de la maladie et l’insecte vecteur est une petite mouche piquante de la famille des Phlebotominae. Comme dans le cas des moustiques, seules les femelles sont dangereuses. Et en l’absence de traitement, la leishmaniose viscérale est mortelle dans presque tous les cas.

Courante en Europe, la maladie fait aussi rage sur le continent américain avec 95 % des infections. Parmi les pays les plus touchés, le Brésil figure en tête. L’insecte parvient en effet à pondre sur ses hôtes humains via un autre réservoir animal, à savoir les chiens. Comme l’explique une étude de l’Université de Lancaster (Royaume-Uni) publiée dans PLOS Pathogens, ils parviennent à modifier l’odeur du meilleur ami de l’homme afin d’attirer les mouches femelles.

leishmaniose viscérale
Crédits : CDC / Wikipedia

Une véritable découverte

Avant ces travaux, les chercheurs savaient que cette « manipulation parasitaire » pouvait intervenir sur des rongeurs. En changeant d’odeur, ces derniers devenaient plus attrayants pour les mouches femelles. Ceci entraînait donc davantage de piqûres et ainsi, une meilleure transmission du parasite. En revanche, le fait que les chiens soient également l’un des réservoirs naturels de la maladie chez les humains est une réelle découverte. Rappelons au passage que les chiens infectés transmettent la maladie par morsure et léchage.

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont prélevé des poils et du sang de chiens à Governador Valadares (Brésil). Ensuite, après avoir procédé à un dépistage des animaux, ils ont extrait les substances chimiques odorantes d’une quinzaine de chiens. Ces substances ont ensuite été présentées à des phlébotomes mâles et femelles. Les poils ont attiré les insectes des deux sexes, mais les échantillons infectés ont séduit 67,7 % des femelles, une donnée absente chez les mâles.

Désormais, les scientifiques désirent répondre à d’autres questions. Ils se demandent par exemple pourquoi l’odeur des chiens infectés attire autant les mouches femelles et souhaiteraient identifier les substances chimiques les plus irrésistibles. Ils voudraient également savoir quels récepteurs s’activent chez les insectes. Selon les chercheurs, ces informations pourraient s’avérer importantes dans la lutte contre la leishmaniose viscérale.