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Les secrets des lignes de Nazca (presque) dévoilés

Crédits : BjarteSorensen / Wikipédia

Une étude récemment publiée nous révèle de nouveaux indices. Elle suggère que les dessins auraient été réalisés par deux civilisations différentes, entre 200 av J.-C. et 600 apr. J.-C.

Les géoglyphes de Nazca ont toujours été un grand mystère. Comment une civilisation a-t-elle pu tracer des lignes parfaitement droites d’une longueur parfois de plusieurs kilomètres, ainsi que des dessins d’animaux tellement grands (le colibri mesure 50 m de long) que la seule façon de les observer est de les survoler en avion ?

Une équipe japonaise, dirigée par Masato Sakai de l’université de Yamagata, a comparé une centaine de géoglyphes découverts récemment dans le sud du désert de Nazca avec les tessons céramiques qui étaient posés autour. D’après le style, la structure et le positionnement de ces géoglyphes, l’équipe a déduit que leurs auteurs provenaient de deux populations distinctes, à deux époques différentes. L’une aurait vécu dans la vallée Ingenio, l’autre dans la vallée de Nazca.

Les auteurs de l’étude soutiennent par ailleurs l’hypothèse que ces géoglyphes ont été tracés sur un parcours de pèlerinage. Celui-ci menait au temple pré-inca Cahuachi, où de nombreuses populations se rendaient pour certains rituels et faire des offrandes aux différentes divinités.

Des tracés mystérieux intacts depuis plusieurs siècles

La conservation des lignes de Nazca avait également suscité l’intérêt des chercheurs du monde entier. Le plateau désertique de la région bénéficie en réalité d’un microclimat bien particulier. Trois caractéristiques permettent aux géoglyphes de rester intacts :

— il s’agit d’une des régions les plus sèches du monde, il n’y pleut que 30 millimètres par an ;

— un coussin d’air chaud se crée à la surface du sol qui ne possède aucune végétation, protégeant ainsi du vent ;

— le gypse du sol, associé à la faible humidité matinale, « colle » le sable et la poussière.

Sans eau ni vent ni poussière, le terrain est exempt de tout facteur de dégradation et reste parfaitement intact. Il est d’ailleurs interdit d’y accéder sans autorisation spéciale et sans chaussures adaptées.

Sources : LiveScience, Journal de la Science