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Le secret de la sexualité des truffes enfin percé !

Crédits : Pixabay

La truffe est un des ingrédients les plus nobles que l’on peut trouver dans la cuisine française. Et pourtant, elles sont issues de la sexualité du mycélium, la partie végétative des champignons. Une équipe de chercheurs français a récemment compris cette sexualité.

Qu’est-ce que la truffe, composante des plats les plus fins depuis l’Antiquité ? Non, il ne s’agit pas d’un fruit, ni d’une plante ou d’un animal, mais plutôt d’un champignon à la forme plus ou moins globuleuse. Nous savions déjà que la truffe était issue de ce que l’on appelle le mycélium qui est composé d’un ensemble de filaments plus ou moins ramifiés nommés hyphes que l’on trouve dans le sol ou le substrat de culture.

Cette sexualité souterraine n’était pas encore précisément connue des chercheurs, mais ceci est désormais chose faite. En effet, Marc-André Selosse, mycologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, a collaboré avec des chercheurs de l’université de Montpellier dans le cadre d’une étude parue dans la revue Molecular Ecology le 22 novembre 2016. Dans cette publication, le secret de la sexualité du mycélium est révélé et a été interprété suite à des analyses génétiques.

Ainsi, le cycle de reproduction de la truffe noire Tuber melanosporum révèle une donnée surprenante : la grande différence entre les deux individus qui s’accouplent.

« Les analyses génétiques de 950 échantillons montrent que la truffe que nous consommons résulte de la fécondation d’une femelle de grande taille et d’un mâle de petite taille. La première couvre quelques mètres carrés de terrain, vivant plusieurs années dans le sol, alors que le second est petit et ne vit souvent qu’une année », explique Marc-André Selosse.

La femelle est d’une taille conséquente afin de pouvoir s’associer aux racines des arbres dans le but de contribuer à la formation des spores (des sortes de graines) tout en fournissant la chair des futures truffes servant à les nourrir et les protéger. Le mâle est quant à lui plus petit et plus faible puisque le rôle de ce dernier ne concerne que la formation des spores. De plus, la truffe noire est capable d’hermaphrodisme, cas rarissime chez les champignons :

« C’est une question de compétition. Quand une spore éclot à proximité d’un individu déjà installé, le nouveau mycélium adopte le sexe opposé pour avoir une chance de disperser son patrimoine génétique », poursuit Marc-André Selosse.

Au-delà de l’intérêt scientifique que cette découverte suscite, elle pourra servir à optimiser la production annuelle de truffes en France. Il faut savoir que 40 à 100 tonnes de truffes sortent de terre chaque année (pour une surface de 10 000 ha) contre près d’un millier au XIXe siècle.

Sources : CNRSSciences et AvenirLe Monde