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Sécheresse : les élevages de bovins charolais en très grande difficulté !

Crédits : Chabe01 / Wikipedia

En Saône-et-Loire, là où l’on produit la viande bovine de race charolaise, les éleveurs sont très inquiets. En effet, le département fait face à un été de sécheresse. Or, c’est une situation qui dure déjà depuis quelques années. Le principal problème est que les prairies sont “brûlées”, ce qui constitue autant d’herbe en moins à brouter pour les animaux.

La sécheresse ne laisse plus rien à brouter pour les vaches

En plein confinement en avril 2020, nous évoquions un épisode de sécheresse précoce impactant une large part du territoire français. Déjà touché par les dommages collatéraux de la pandémie de Covid-19, le monde agricole se montrait inquiet, alors que l’été n’avait pas encore débuté. Un reportage publié par France 3 régions le 30 juillet 2020 (voir en fin d’article) apporte une nouvelle preuve de cette inquiétude.

Le reportage s’est intéressé aux effets néfastes de la sécheresse en Saône-et-Loire, berceau de la race bovine charolaise. La vache charolaise passe en effet la plus grande partie de l’année à brouter dans les pâturages. Puis elle rentre à l’étable seulement à l’arrivée de l’hiver. Malheureusement, la sécheresse impacte les prairies, celles-ci n’offrant plus l’herbe que les vaches broutent habituellement.

France 3 régions a interrogé Rémi Barnaud, éleveur à Saint-Germain-en-Brionnais. Installé depuis quatre ans sur don domaine, l’éleveur a subi trois sécheresses consécutives. L’exploitant constate chaque été la disparition de l’herbe verte et doit alors se fournir en fourrage (paille) dans les départements voisins. Évidemment, il s’agit là d’une hausse non négligeable du coût de l’exploitation.

vache charolaise secheresse
Crédits : capture YouTube / France 3 Bourgogne-Franche-Comté

Une filière potentiellement menacée

Le manque d’eau pour abreuver les bêtes est également une donnée très importante. Alors que les sources locales sont taries, il est question d’aller chercher de l’eau de plus en plus loin et même d’utiliser l’eau du réseau. Cela impacte également le coût de l’exploitation et représente aussi une perte de temps. Il faut également savoir que la sécheresse perturbe la reproduction des animaux. Le fait de manger de la paille de plus en plus souvent et plus longtemps décale le vêlage (la mise bas des vaches) dans le temps. Or, ceci a un notamment impact important sur les ventes.

Les 3 000 éleveurs de Saône-et-Loire se posent des questions sur l’avenir de la filière. Si le réchauffement climatique s’inscrit dans la durée, il sera inévitablement question de remettre en question leur système économique. Or, les exploitants ne savent pas encore comment faire pour s’adapter. Ils pourraient par exemple avoir un nombre plus réduit d’animaux, mais se poserait alors la question des charges à payer. Enfin, la principale crainte pour certains est l’éventualité que la race charolaise puisse disparaisse à terme.