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La sécheresse viendra-t-elle à bout du canal de Panama ?

Crédits : Faustino Sanchez / iStock

Le canal de Panama est grandement menacé par le dérèglement climatique et plus particulièrement par un de ses effets les plus dévastateurs : la sécheresse. Les autorités panaméennes ont récemment dévoilé un plan colossal, dont les contours restent à définir. Le but est d’organiser la lutte contre des événements météorologiques de plus en plus graves et fréquents.

La forte consommation en eau se conjugue à la sécheresse

En mars 2021, le porte-conteneurs Ever Given avait bloqué le canal de Suez durant près d’une semaine. Durant cette période, pas moins de 9 % du commerce mondial a donc subi une paralysie. Or, selon un article du Wall Street Journal publié le 28 juin 2021, l’autre canal indispensable pour le commerce mondial, le canal de Panama, rencontre lui aussi de sérieux problèmes. Il est d’ailleurs question d’une menace plus importante et surtout beaucoup moins éphémère. À certains moments de l’année, les navires sont en effet dans l’obligation de décharger en amont une partie de leur cargaison sous peine de courir le risque de s’échouer. La cause n’est autre que la sécheresse, tandis que les barrages et écluses du canal sont régulièrement en proie aux tempêtes de sable.

Le canal de Suez est rempli d’eau de mer, si bien que son débit est défini par les marées. Pour ce qui est du canal de Panama, l’eau douce est de mise, alimentant un système d’écluses servant d’ascenseurs aquatiques. Chaque année, ce système consomme énormément d’eau puisque chaque passage de navire constitue une perte se situant entre 800 000 et 1,3 million de mètres cubes. Cette quantité phénoménale est équivalente à 500 piscines olympiques.

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Crédits : Marina113 / iStock

Une compétitivité du canal en baisse

Une donnée a son importance : le Panama fait partie des pays ayant les plus fortes précipitations au monde. Néanmoins, le dérèglement climatique a d’ores et déjà fait en sorte que ces précipitations soient aujourd’hui bien plus instables qu’auparavant. De plus, le canal a subi des travaux d’agrandissement en 2016, ce qui a augmenté la pression sur les approvisionnements en eau. L’Autorité du canal de Panama (ACP) responsable du site a indiqué que l’année 2019 était la cinquième année la plus sèche depuis soixante-dix ans.

Durant cette année-là, certains lacs incarnant la principale source d’eau du canal ont vu leur niveau gravement baisser. L’infrastructure a reçu 3 milliards de mètres cubes d’eau, ce qui est bien moins que les 5,2 milliards dans le cas d’un fonctionnement normal. Ainsi, les responsables ont décidé de réduire le trafic du canal de 32 à 27 passages de navires par jour. Citons également une compétitivité en déclin, avec l’instauration d’une taxe de 10 % en 2020. Aujourd’hui, l’infrastructure représente 3,5 % du commerce maritime mondial contre 5 % l’an dernier.

Les autorités locales travaillent actuellement sur un plan d’aide à hauteur de 2 milliards de dollars. L’objectif ? Mieux gérer et préserver les réserves d’eau douce pour assurer l’approvisionnement du canal. Parmi les solutions proposées, il y a l’installation de nouveaux barrages et réservoirs fonctionnant avec des eaux usées traitées. Citons également la possibilité de rechercher d’autres sources d’eau douce comme le détournement de certaines rivières ou encore le pompage d’eau de mer dessalée.