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Des scientifiques rendent des souris plus intelligentes et moins anxieuses

Crédits : Alexas_Fotos / Pixabay

Une équipe de scientifiques anglais et canadiens est parvenue, en manipulant un seul gène, à rendre des souris à la fois plus intelligentes et bien moins anxieuses. Les applications chez l’Homme pourraient être nombreuses, comme le traitement de maladies cérébrales.

Le gène de la phosphodiestérase PDE4B est le seul gène à avoir été manipulé par les chercheurs anglais et canadiens pour parvenir à rendre des souris plus intelligentes. Il s’agit là d’une enzyme présente dans plusieurs organes des vertébrés, dont le cerveau, et qui joue un rôle clé dans la formation de l’hippocampe, région associée à la mémoire.

Dans la revue Neuropsychopharmacology, ces scientifiques détaillent leur manière de manipuler cette enzyme PDE4B de souris, à savoir qu’ils l’ont bloqué pour l’inhiber. Après avoir passé une série de tests, les souris modifiées ont montré qu’elles apprenaient plus vite, se souvenaient d’événements plus longtemps et résolvaient également des problèmes complexes, mieux que ne le faisaient leurs congénères non modifiées.

Autre observation tirée de l’inhibition de cette enzyme, une anxiété bien plus faible que pour les souris normales. Là où ces dernières préfèrent les espaces sombres et cachés, celles qui ont été modifiées exploraient beaucoup plus et prenaient le temps d’observer les espaces plus ouverts et plus éclairés. Au contact de l’urine de chat, là où les souris normales prennent peur, celles-ci montraient bien moins de crainte. Enfin, les événements effrayants étaient également plus facilement oubliés après plusieurs jours, une observation déterminante, car utilisée chez l’Homme, elle pourrait contribuer à mieux traiter le stress post-traumatique.

Outre le traitement du stress post-traumatique, l’inhibition de PDE4B pourrait trouver d’autres applications chez l’Homme, comme le traitement de maladies cérébrales ou du déclin cognitif dû à l’âge. Ces chercheurs étudient actuellement le développement de médicaments qui pourraient inhiber l’enzyme et ainsi être utilisés pour traiter des maladies comme Alzheimer, la schizophrénie et donc le stress post-traumatique.

Sources : Futura Sciences, Neuropsychopharmacology

– Illustration : Rama