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Des scientifiques ont réussi à faire rajeunir des cellules humaines

Crédits : belindalampcc / Pixabay

Rajeunir. C’est l’idéal que se font beaucoup d’humains, espérant ainsi conserver leurs belles formes et leur peau sans ride, retardant ainsi l’échéance de la mort, voire l’abrogeant. Des scientifiques japonais auraient fait un pas dans ce sens en réussissant à inverser le vieillissement d’une lignée cellulaire.

Les mitochondries, véritables « centrales électriques des cellules », ont longtemps été associées aux traits caractérisant le vieillissement, comme la perte des cheveux et du poids, la courbure de la colonne vertébrale et l’ostéoporose. Les dernières théories du vieillissement cellulaire prônent en effet une accumulation des mutations de l’ADN dans les mitochondries.

Cependant, les chercheurs de l’université de Tsukuba au Japon ont démontré que cette théorie est fausse. Ils suggèrent que les défauts ne proviennent pas des mutations de l’ADN, mais plutôt de facteurs externes. Pour arriver à ce résultat, les scientifiques japonais ont comparé les lignées cellulaires provenant de personnes jeunes à celles provenant de personnes âgées, en y examinant l’évolution des mitochondries. Or, ils n’ont observé aucune différence du nombre de mutations entre les deux lignées cellulaires. Leurs résultats sont publiés dans le journal Science Reports.

L’équipe en a donc conclu que le vieillissement des cellules ne serait pas dû aux mutations accumulées dans l’ADN au sein des mitochondries, mais à des facteurs épigénétiques, c’est-à-dire à des causes qui ne modifient pas les séquences nucléotidiques de l’ADN. Si tel est le cas, cela voudrait dire que la remise à zéro des lignées cellulaires en cellules souches rectifierait et supprimerait les facteurs épigénétiques. Les Japonais ont donc testé le mécanisme sur les lignées cellulaires issues d’une personne âgée et ont observé ce résultat. Mieux encore, les cellules sont redevenues jeunes.

La glycine, acide aminé régénérant?

Les chercheurs se sont alors penchés sur les sections d’ADN qui ont pu être influencées par ces facteurs épigénétiques. Leurs résultats pointent deux régions qui contrôlent la production de glycine, un acide aminé. En plongeant alors les lignées cellulaires issues de la personne âgée dans un bain de cet acide aminé pendant dix jours, les scientifiques se sont aperçus qu’elles avaient retrouvé la capacité à produire de l’énergie et qu’elles s’étaient délestées de certains de leurs défauts de vieillesse.

Bien que ces recherches n’aient été effectuées que sur des lignées cellulaires en laboratoire, les chercheurs japonais sont désireux de poursuivre leurs recherches afin de vérifier si les mêmes facteurs épigénétiques contribuent au vieillissement chez l’Homme, et si les mêmes processus pourraient être utilisés pour le stopper, voire l’inverser.

Sources : Science ReportsIFL Science

– Illustration : Affiche du film Benjamin Button