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Des scientifiques ont découvert l’un des derniers lacs à avoir accueilli de l’eau sur Mars

Crédits : ESO/M. Kornmesser/N. Risinger

Une équipe de chercheurs de l’université du Colorado a découvert sur Mars les traces d’un ancien lac. Selon les conclusions de leur étude, il s’agirait de l’un des tout derniers à s’être asséché lorsque l’eau liquide déserta la surface de la planète, il y a de cela environ 3,6 milliards d’années…

Si aujourd’hui Mars ressemble à un gigantesque désert aride, il n’en a cependant pas toujours été ainsi, comme l’a souligné l’ESO dans un rapport publié en mars 2015. En effet, il y a environ quatre milliards d’années, soit relativement peu de temps après sa formation, la planète rouge aurait vraisemblablement abrité suffisamment d’eau pour recouvrir toute sa surface sur une hauteur de 140 mètres. Pour autant, les scientifiques estiment plus probable que cette eau se soit concentrée sur la moitié de l’hémisphère nord où la profondeur aurait pu dépasser les 1,6 km dans certaines régions.

Néanmoins, la faible gravité régnant sur Mars et le ralentissement progressif de l’activité de son noyau ont rapidement fait d’affaiblir considérablement son atmosphère, ainsi que son champ magnétique. De ce fait, en seulement quelques dizaines de millions d’années, une grande partie de l’eau s’évapora dans le vide spatial et les conditions sur la planète ne permettaient alors plus que cet élément puisse subsister à l’état liquide au niveau de sa surface.

Découverte de l’un des derniers lacs ayant existé sur Mars

Aujourd’hui, dans une nouvelle étude publiée dans la revue Geology, une équipe de chercheurs estiment avoir trouvé les traces d’un des tout derniers lacs ayant existé à la surface de la planète rouge. Une découverte réalisée grâce à l’analyse des données récoltées par les orbiteurs MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) et Mars Express sur plusieurs centaines de sites contenant des dépôts de sel. D’après les estimations réalisées par les scientifiques, ce lac avoisinant les 29 km² se serait ainsi asséché il y a moins de 3,6 milliards d’années, époque où la majorité des océans avaient déjà disparu de la planète.

Selon Brian Hynek, co-auteur de l’étude, « ce dépôt de chlorure s’est probablement formé à partir d’un processus fluvio-lacustres qui implique un cycle hydrologique actif ». Ainsi, ce sont vraisemblablement des rivières et des ruisseaux, prenant leurs sources dans les montagnes environnantes, qui auraient donné naissance à ce lac en le remplissant progressivement après avoir creusé par érosion la vallée.

En ce qui concerne la position géographique des vestiges de ce lac, ils se situent dans la grande plaine Meridiani, au sud de l’équateur martien et à seulement 200 kilomètres de l’emplacement actuel du rover opportunity. Pour autant, aucune chance pour que ce dernier aille explorer la zone qui, malgré sa proximité relative, demeure bien trop éloignée pour que la machine puisse l’atteindre.

Une forme de vie aurait-elle pu s’y développer ?

Face à cette découverte, les scientifiques en charge de cette recherche se sont naturellement demandé si la vie aurait pu se développer à l’époque dans ce lac. Ainsi, en se basant sur différents modèles numériques, ils ont estimé que la teneur en sel de ses eaux devait avoisiner 8% de celle de nos océans terrestres. Autant dire que ce point n’est aucunement incompatible avec l’émergence d’une vie microbienne. « Par sa salinité seule, il semble bien que ce lac fût habitable au cours d’une grande partie de son existence », a ainsi déclaré Brian Hynek. Néanmoins, pour pouvoir conclure de façon définitive, il manque pour le moment aux scientifiques une information primordiale, à savoir le niveau d’acidité de l’eau. On peut cependant s’imaginer que ce dernier ne devait pas être si élevé que ça si le lac possède les mêmes caractéristiques que le cratère Gale qui est analysé depuis environ trois ans par le rover Curiosity.

Sources: Geology – futura-sciences – UPEC

– Crédits photo : ESO/M. Kornmesser/N. Risinger