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Des scientifiques découvrent accidentellement le spermatozoïde fossilisé le plus vieux du monde

Crédits : Dept. of Palaeobiology | Swedish Museum of Natural History | Biology Letters 2015

Des chercheurs ont découvert les restes conservés d’un spermatozoïde de 50 millions d’années. Les fragments de sperme ont été trouvés piégés dans la paroi d’un cocon de sangsue fossilisé en Antarctique.

Le paléobiologiste Thomas Mörs et son équipe s’étaient aventurés en Antarctique à la recherche de petits ossements de mammifères. Ce qu’ils ont accidentellement découvert est tout aussi exceptionnel. En effet, les chercheurs ont envoyé un petit cocon fossilisé qu’ils soupçonnaient de contenir des restes de plantes à leurs collègues du Muséum suédois d’histoire naturelle. Après analyses, ce sont bien des cellules reproductrices mâles sécrétées par des Clitellates et vieilles de 50 millions d’années que les chercheurs ont pu identifier, ce qui en fait le plus vieux fossile de spermatozoïde animal jamais découvert.

Cependant, l’origine de ce spermatozoïde reste un mystère. Pour les scientifiques, au vu de la structure de la sécrétion, il s’agirait d’une sangsue qui vit sur le homard d’eau douce. Or, ces animaux n’évoluent que dans l’hémisphère nord, de sorte qu’il serait surprenant de les retrouver en Antarctique il y a 50 millions d’années. « Il se peut que ce soit un parent disparu avec des caractéristiques de spermatozoïdes similaires » explique Benjamin Bomfleur, du Musée suédois d’histoire naturelle de Stockholm.

D’autres études sur le cocon pourraient révéler de nouvelles informations qui, selon Bomfleur, ont été négligées par les paléontologues. Ils ont en effet tendance à se concentrer sur uniquement des structures relativement dures comme les os et les coquillages. Les résultats pourraient ainsi ouvrir une fenêtre cachée donnant sur le passé.

Le précédent record appartenait à un collembole piégé dans l’ambre voilà 40 millions d’années, également rempli de cellules sexuelles.

Source : LiveScience, Biology Letters

– Crédits photo : Dept. of Palaeobiology | Swedish Museum of Natural History | Biology Letters 2015