in

Des scientifiques créent le tout premier neurone artificiel fonctionnel

Crédits : geralt / Pixabay

Les scientifiques de l’institut Karolinska en Suède ont mis au point un neurone artificiel entièrement fonctionnel. Une première, et un motif d’espoir pour le traitement des maladies neurologiques.

Le cerveau fonctionne grâce à ses milliards de neurones qui ne cessent de communiquer entre eux. Une vraie machine. La relation est chimio-électrochimique, autrement dit, pour transmettre une information, un neurone émet un neuromédiateur (une molécule chimique). Le neurone voisin capte alors cette molécule, ce qui déclenche une impulsion électrique le long de sa terminaison nerveuse, l’axone. Il retransmet alors l’information en émettant à son tour un neurotransmetteur. Et ainsi de suite. Pour la toute première fois, une équipe de scientifiques a mis au point un dispositif bioélectronique organique capable de recevoir des signaux chimiques, qu’il pourra ensuite relayer aux cellules humaines.

« Nous voulons miniaturiser ce dispositif pour permettre une implantation dans le corps humain », explique Agneta. « Nous prévoyons de placer le biocapteur dans une partie du corps et à l’aide d’une communication sans fil déclencher la libération de neurotransmetteurs dans divers endroits du corps » explique Agneta Richter-Dahlfors, la scientifique qui mène l’équipe.

Le dispositif ne paye pas de mine et pourtant, il pourrait révolutionner le traitement de maladies neurologiques. Deux mini dispositifs sont ainsi reliés par un fil électrique. À l’une des extrémités se situe un biocapteur, une pointe métallique entourée d’enzymes qui détectent la présence de neuromédiateurs, entraînant une réaction chimique qui aboutit à un signal électrique. Celui-ci parcourt ensuite le fil jusqu’à l’autre extrémité où se trouve une pompe à ions, qui reçoit l’influx électrique et largue alors des molécules — glutamate, acétylcholine ou Gaba — dans l’organisme de manière contrôlée en fonction de l’influx électrique reçu.

Reste aujourd’hui à miniaturiser le dispositif pour développer des applications viables. Dispositif qui apporterait alors un véritable espoir notamment dans le traitement de la maladie de Parkinson. En effet, certains patients résistants au traitement sont soignés par l’implantation dans le cerveau d’électrodes qui, reliées à une batterie, envoient des impulsions électriques pour traiter certaines zones responsables des symptômes (tremblements). Avec le neurone mimétique, il s’agirait plutôt de « remplacer » les neurones manquants de manière contrôlée.

Source : S & A