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Comment les satellites permettent-ils de lutter contre la déforestation en Afrique ?

Crédits : qimono/Pixabay

Grâce à des satellites, la forêt équatoriale respire un peu plus depuis deux ans dans plusieurs pays africains. L’idée est en effet d’envoyer des messages d’alerte lorsque la déforestation est jugée trop importante.

Le problème de la déforestation

La perte des surfaces forestières peut être causée par de multiples facteurs, mais les activités humaines ont le plus grand impact. On estime en effet que près de 80% de la déforestation mondiale est causée par l’agriculture, les 20% restants se répartissant entre la construction d’infrastructures, les activités minières et l’urbanisation. Et forcément, ce n’est pas sans conséquence.

La déforestation représente naturellement une vraie menace pour la biodiversité. Qu’il s’agisse de mammifères, d’oiseaux ou encore d’insectes, d’amphibiens ou de végétaux, la forêt abrite des centaines de milliers d’espèces souvent menacées. La déforestation fragilise également les sols, et à un impact très important sur le changement climatique. Pour rappel, les arbres stockent énormément de CO2. En les éliminant, on réduit ainsi la capacité de l’écosystème mondial à stocker ce gaz à effet de serre.

Le Global Land Analysis and Discovery system (GLAD) est un projet axé sur l’évolution du couvert forestier à l’échelle mondiale basé sur l’imagerie satellitaire Landsat 7 et 8 de la NASA. Lancé en 2016, ce programme permet aux organisations et/ou gouvernements ayant conscience des dangers de la déforestation de recevoir des messages d’alerte lorsque les niveaux de déboisement deviennent trop importants. Des mails hebdomadaires contenant les coordonnées géographiques des zones où la déforestation croissante semble préoccupante sont également envoyés.

Une baisse de 18% dans 22 pays

Dans le cadre d’une nouvelle étude pilotée par Fanny Mofette, de l’Université du Wisconsin-Madison, des chercheurs ont examiné les effets de ces messages d’alerte. Et visiblement, ça paye. Ces travaux, publiés dans la revue Nature Climate Change, ont en effet révélé une baisse de la déforestation de 18% sur deux ans dans 22 pays africains. Aussi, comme le souligne Le Parisien, au Gabon, au Cameroun ou en République démocratique du Congo, la forêt tropicale ne gagne pas beaucoup de terrain, mais elle en perd moins.

D’après les chercheurs, les émissions de carbone évitées grâce à cette réduction pourraient permettre d’économiser entre 149 millions de dollars et 696 millions de dollars en dommages économiques. Notez que ces derniers ne se sont pas uniquement concentrés que sur l’Afrique. Les résultats en Amérique du Sud et en Asie ont également été examinés. Dans ces pays en revanche, l’équipe n’a pas constaté de diminution de la déforestation.

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Crédits : labwebmaster/pixabay

Pourquoi les résultats sont-ils positifs en Afrique et pas ailleurs ? Fanny Mofett évoque deux raisons principales : “La première est que le GLAD a déployé davantage d’efforts en Afrique que sur d’autres continents, étant donné que certains pays, comme l’Indonésie et le Pérou, utilisaient déjà des systèmes de surveillance du même type. Par ailleurs, la Colombie et le Venezuela, qui constituent une grande partie de notre échantillon, ont aussi connu des troubles politiques importants pendant la période d’étude“.

Bien que ce programme soit assez récent, l’équipe espère continuer à étudier les effets de ce système d’abonnement. De cette manière, elle pourra déterminer plus précisément comment l’accès à ces données satellitaires peut avoir un impact sur les taux de déforestation à long terme.