Un énorme satellite européen brûle au-dessus du Pacifique après 30 ans en orbite

satellite ERS-2
Illustration d'artiste du satellite ERS-2 de l'ESA en orbite terrestre. Le vaisseau spatial devrait retomber sur Terre en février 2024. Crédits : ESA

Le satellite climatique européen ERS-2 a récemment effectué une rentrée incontrôlée dans l’atmosphère terrestre après trente ans en orbite et brûlé au-dessus de l’océan Pacifique. L’Agence spatiale européenne (ESA) a en effet confirmé que le satellite, qui a étudié le climat de la Terre de 1995 à 2011, avait terminé sa vie opérationnelle de manière sécurisée.

Une rentrée dans le Pacifique nord pour le satellite ERS-2

Le processus de rentrée avait commencé dès 2011 avec une manœuvre de désorbitation intentionnelle. À l’époque, le satellite avait utilisé son carburant restant pour abaisser son altitude précédente de 785 kilomètres à 573 km au-dessus de la Terre. La descente avait été lente au début, puis elle s’était considérablement accélérée en janvier dernier.

Le satellite ayant été délibérément vidé de carburant il y a plus d’une décennie, les équipes au sol n’avaient aucun contrôle actif sur la trajectoire de ERS-2. Aussi, le lieu d’impact demeurait incertain. Le satellite est finalement rentré dans l’atmosphère terrestre à 18 h 17 (heure de Paris) ce mercredi 21 février, et a brûlé dans une zone isolée de l’océan Pacifique Nord, à peu près à mi-chemin entre l’Alaska et Hawaï, selon l’ESA.

Lancé le 21 avril 1995 depuis le Centre spatial guyanais à Kourou, en Guyane française, ERS-2 était à l’époque considéré comme le satellite d’observation de la Terre le plus avancé jamais lancé par l’ESA. Il aura permis de fournir de nouvelles connaissances sur notre planète, la chimie de notre atmosphère, le comportement de nos océans et les effets de l’activité humaine sur notre environnement, créant ainsi de nouvelles opportunités pour la recherche et les applications scientifiques.

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La société d’imagerie commerciale HEO Robotics a capturé des images du satellite ERS-2 de l’Agence spatiale européenne alors qu’il tombe vers l’atmosphère terrestre le 14 février 2024. Crédits : HEO Robotics

Faire le ménage dans l’espace

Ce satellite de l’ESA n’est qu’un exemple parmi de nombreux débris spatiaux désorbités ayant attiré l’attention ces dernières années. Quatre propulseurs chinois Longue Marche 5B étaient également tombés sur Terre entre 2020 et 2022, provoquant la chute de débris en Côte d’Ivoire, à Bornéo et dans l’océan Indien. En décembre 2023, un autre propulseur Longue Marche avait quant à lui atterri près de la maison d’un civil dans la région chinoise du Guangxi. En 2021 et 2022, des débris de fusées SpaceX avaient également endommagé une ferme dans l’État de Washington et atterri sur une exploitation ovine en touchant le sol en Australie.

Pour remédier à cette situation, les scientifiques ont proposé diverses méthodes de nettoyage de l’espace, telles que l’utilisation de filets pour rassembler les débris, des robots équipés de pinces pour les collecter ou même le déploiement d’une longe depuis un autre vaisseau spatial pour les saisir. Ces propositions, pour la plupart en cours de tests, viseront à réduire les risques potentiels et à atténuer l’impact des débris spatiaux sur notre environnement spatial.