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États-Unis : ce “cauchemar écologique” va devenir une mine de lithium

Crédits : Cavan Images / iStock

En Californie, la Salton Sea était un paradis pour pêcheurs et autres touristes avant de devenir un lieu où règne la présence de métaux toxiques. Au cœur d’une catastrophe écologique importante, cet endroit pourrait néanmoins être revalorisé par un projet d’envergure mené par le géant General Motors.

Un paradis devenu enfer

La Salton Sea est un lac salé se trouvant à plusieurs centaines de kilomètres à l’est de Los Angeles et de San Diego (États-Unis). Née en 1905, cette étendue d’eau est le résultat de la rupture d’un barrage sur le fleuve Colorado. Très vite, l’endroit a attiré une foule de pêcheurs, touristes, campeurs et autres passionnés de sports nautiques, et ce, durant plusieurs décennies. Seulement, voilà, les années 1970 ont été synonymes de prolifération des algues dans le lac, un phénomène se combinant à l’évaporation de l’eau. Les nombreux poissons ont fini par disparaître, une hécatombe bien aidée par un autre problème : les rejets de métaux toxiques et autres phosphates provenant des exploitations agricoles. On parle alors de ruissellement agricole.

Selon les observateurs, il est ici véritablement question d’un “cauchemar écologique”,  dont les impacts sont également d’ordre sanitaire. En effet, le lac continue aujourd’hui de s’assécher, générant des poussières que le vent transporte dans les environs. Malheureusement, les habitants de la zone font l’objet d’une contamination et particulièrement les enfants, dont les taux d’asthme sont les plus hauts de toute la Californie.

Un intérêt crucial pour les États-Unis

Comme l’explique le Times of San Diego dans un article du 2 juillet 2021, General Motors veut installer l’une des premières mines de lithium des États-Unis près de la Salton Sea. Le géant a passé un accord avec le Controlled Thermal Resources (CTR) pour ce projet, dont l’objectif est de produire du lithium pour les batteries.

Ce projet a une importance cruciale pour les États-Unis puisque le lac pourrait assurer 40 % de la demande mondiale de lithium selon le député californien Eduardo Garcia. Ce dernier est à l’origine d’un projet de loi et d’une commission dont le but est d’explorer le potentiel de ce type de projet. Aujourd’hui, quatre pays produisent 90 % du lithium à l’échelle mondiale : l’Argentine, l’Australie, le Chili et la Chine. Avec une production estimée à 300 000 tonnes par an par CTR, les États-Unis deviendraient autonomes pour cette ressource.

batterie lithium
Crédits : JanakaMaharageDharmasena / iStock

Viable sur le plan écologique ?

Les porteurs du projet avancent un argument inattendu : l’écologie. Selon le CTR, l’exploitation du lithium transformera une partie du lac en réservoir géothermique. La géothermie produirait ainsi l’énergie nécessaire à la l’extraction du lithium, ce dernier se trouvant dans la saumure du sous-sol. En fin de course, la saumure serait renvoyée dans le réservoir en système fermé. Toujours selon CTR, cette production générera l’équivalent de seulement 4 % des émissions de GES des actuelles mines à ciel ouvert se trouvant en Chine.

Toutefois, les habitants des environs de la Salton Sea sont plutôt inquiets des potentiels effets néfastes de ce projet. Il faut dire que d’ordinaire, l’extraction consomme d’imposantes quantités d’eau tout en produisant de nombreux déchets minéraux par ailleurs chargés en séléniums, pesticides et arsenic. L’avenir nous dira donc si ce projet est réellement aussi viable sur le plan écologique que sur le plan économique.