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À quoi ressemblera la prochaine station spatiale russe ?

Crédits : Darryl Fonseka / iStock

La Russie a annoncé cette semaine qu’elle avait l’intention de se retirer du consortium de la Station spatiale internationale (ISS) après 2024. Le moment de cette décision est incertain, mais nous savons que le pays ambitionne désormais de construire sa propre station d’ici la fin de la décennie.

Après le succès du programme Saliout, de Mir et de la Station Spatiale internationale, la Russie se tourne vers l’avenir avec une toute nouvelle station dénommée ROSS. Roscosmos, l’agence spatiale du pays, vient de publier quelques rendus de son futur complexe orbital, dont la construction devrait débuter d’ici 2028.

La première phase d’assemblage de l’avant-poste inclura un module de base, un éventuel nouveau vaisseau de ravitaillement et un nouveau véhicule de transport. Une seconde phase, qui devrait débuter en 2030, ajoutera deux autres grands modules au premier.

La conception de ROSS n’est cependant pas encore tout à fait figée. Plusieurs interrogations demeurent encore, notamment concernant son orbite. L’avant-poste pourrait évoluer sur une orbite de 51,6 degrés similaire à celle de l’ISS ou sur une orbite quasi polaire de 97 degrés. Le choix de cet emplacement dépendra probablement des différents sites de lancement choisis.

station russe ROSS
Conception d’artiste de la future station spatiale orbitale russe. Crédits : Roscosmos

Privilégier la science en microgravité

Il y a quelques jours, le nouveau patron de l’agence spatiale russe Roscosmos avait annoncé que la Russie quitterait la Station spatiale internationale (ISS) après l’expiration de son engagement actuel, soit après 2024. La situation géopolitique actuelle s’est en effet ajoutée aux problèmes techniques récemment essuyés bord de la station côté russe liés à l’infrastructure vieillissante de l’avant-poste.

Roscosmos a présenté ce départ imminent comme une opportunité pour basculer vers cette nouvelle station ROSS. D’une part, les Russes ne veulent plus dépendre des États-Unis pour mener leurs opérations scientifiques en orbite. D’autre part, les cosmonautes ont perdu énormément de temps au cours de ces dernières années à gérer l’entretien et la réparation des systèmes embarqués qui ont épuisé leurs ressources.

Avec sa nouvelle station, la Russie entend mettre l’accent sur la science. Vladimir Soloviev, le directeur de vol du segment russe de l’ISS et le concepteur général de RSC Energia également maître d’œuvre du programme russe de vols spatiaux habités, a récemment admis que les différentes expériences russes menées à bord de l’ISS et auparavant à bord de la station Mir n’avaient pas donné beaucoup de retours.

Autre point : il ne sera visiblement pas question que cette nouvelle station soit habitée en permanence. Les visites ne seront qu’occasionnelles pour économiser des ressources (eau, nourriture et oxygène).

Enfin, à terme, Solovyov a également suggéré que ROSS pourrait potentiellement être utilisée comme une station de cheminement pour aider les cosmonautes à se préparer à des voyages vers la Lune ou Mars.