in

Russie : la situation du lac Baïkal se dégrade

Crédits : Калюжный Владимир / Wikipédia

Le lac Baïkal est au cœur d’une situation problématique tandis que son niveau a atteint un seuil critique jamais égalé depuis des décennies. Le plus important réservoir d’eau douce mondial est en proie à une utilisation intensive de ses ressources, mettant en péril la population vivant à proximité ainsi que son environnement, incarné par un des écosystèmes les plus riches du monde.

« Son niveau a baissé et se situe deux centimètres en dessous de 456 mètres » (au-dessus du niveau de la mer), son niveau minimum acceptable par le gouvernement russe, a expliqué à l’AFP Arkadi Ivanov, directeur du programme mené par Greenpeace.

Le lac Baïkal est situé en Sibérie à proximité de la ville d’Irkoutsk, près de la frontière avec la Mongolie, à environ 5000 km de Moscou. Surnommé la « Perle de Sibérie », le lac Baïkal n’est ni plus ni moins que la plus grande réserve d’eau douce (non gelée) du monde avec un volume de 23 500 km3 (soit 260 fois celui du lac Léman, ou autant que la mer Baltique), soit 14 % des réserves mondiales. Il est tout de même le sixième lac du monde par sa taille, puisqu’il a une superficie de 31 500 km2 (longueur : 638 km et largueur variant de 24 km à 79 km). Le lac Baïkal est également le plus profond lac du monde, jusqu’à 1637 m. Son bassin versant est de 560 000 km2 et concentre l’apport en eau douce de 336 rivières et ruisseaux permanents. De plus, sa transparence est unique : il est possible d’avoir une visibilité parfaite jusqu’à 40 m de profondeur !

Crédits : Sansculotte / Wikipédia

Malheureusement, le niveau du lac semble être à son plus bas niveau depuis 60 ans. Cette situation est la conséquence d’une combinaison de facteurs : le réchauffement planétaire global ainsi que l’augmentation de l’utilisation de l’énergie hydraulique dans la zone du lac. Les experts prédisent de futures tensions autour de l’eau de ce lac dont les ressources font vivre 50 000 personnes pour l’électricité, l’eau et les moyens de subsistance.

Le département local du ministère russe des « Situations d’urgence » avait indiqué « se mettre en état d’alerte » dans le but de garder un œil sur l’approvisionnement en eau des villages voisins qui risquent une pénurie. Le scientifique Guennadi Tchegassov, spécialiste du lac Baïkal, estime que la difficulté est d’ordre météorologique, car les pronostics ne permettent pas encore une optimisation de la réglementation des usages de l’eau par les entreprises bordant le lac.

« Je pense qu’un grand mal a été fait à l’écosystème. Parce que si le niveau d’eau change, l’ensemble de la végétation change déjà. La faune et la flore sont déjà en train de changer. On n’a jamais enregistré de telles données, l’ensemble de l’écosystème autour du lac subit en ce moment des changements structurels… », déclare une résidente de la zone du lac Baïkal interrogée par BFM TV.

Le lac Baïkal est inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 1996. La richesse écologique du lac est exceptionnelle, car y sont présentes 1550 espèces animales et plus de 600 espèces végétales dont près de la moitié sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles n’existent que dans cette zone de 88 000 km2 dont le lac Baïkal ne représente environ qu’un tiers de la superficie.

Les menaces environnementales se faisant plus importantes, le lac Baïkal pourrait être inscrit sur la « liste du patrimoine mondial en péril » de l’UNESCO, qui aurait été « conçue pour informer la communauté internationale des conditions menaçant les caractéristiques mêmes qui ont permis l’inscription d’un bien sur la Liste du patrimoine mondial et pour encourager des mesures correctives ».

Sources : Sciences et AvenirBFMTVMaxi TendancesUNESCO

– Illustration principale : Kirsten Buerger