in

La Russie partage les images de la plus grosse bombe jamais explosée

Crédits : capture d'écran Youtube

Les autorités russes ont récemment déclassifié les images du test de la bombe à hydrogène la plus puissante jamais déclenchée sur Terre. Les opérations se sont déroulées en 1961, en pleine guerre froide.

Au début des années 60, la Russie et les États-Unis étaient en pleine guerre froide, s’affrontant pour construire les armes nucléaires les plus destructrices de la planète. C’est finalement l’Union Soviétique qui a eu “la plus grosse”. Officiellement nommée RDS-220, mais surnommée Tsar Bomba, cette bombe mesurant huit mètres de long sur environ deux mètres de haut avait une force destructrice de 50 mégatonnes. Autrement dit, elle était environ 3800 fois plus puissante que celle utilisée par les États-Unis pour détruire Hiroshima.

Des images déclassifiées

Des photos et de courts clips vidéo témoignant de cette explosion étaient auparavant disponibles, mais cette séquence inédite de 40 minutes nous donne un tout nouvel aperçu de ce qui s’est réellement passé sur Novaya Zemlya, le 30 octobre 1961. Ce documentaire a été publié sur YouTube le 20 août dans le cadre de la célébration de 75 ans de l’industrie nucléaire.

On y découvre alors toutes les procédures de préparation. D’abord le transport de la bombe par voie ferrée jusqu’à la base aérienne d’Olenya, près d’Olenegorsk sur la péninsule de Kola. On assiste ensuite au transport par avion (un bombardier Tu-95 spécialement modifié pour pouvoir transporter l’énorme bombe). On termine avec le survol la mer de Barents jusqu’au détroit de Matochkin, à Novaya Zemlya, où la bombe sera larguée.

Notez que celle-ci avait été maintenue par un parachute, de manière à ralentir sa chute afin que l’avion ait suffisamment de temps pour se mettre à l’abri. Il fallait également s’assurer que la bombe explose relativement haut dans l’atmosphère afin réduire son impact au sol.

Un “flash” visible à 1000 kilomètres

La bombe a finalement explosé à 4 000 mètres d’altitude, libérant en quelques secondes un champignon de gaz ionisant de 90 km de diamètre pour environ 65 kilomètres de haut. À titre de comparaison, c’est plus de sept fois la hauteur du mont Everest. Les séquences vidéo nous dévoilent alors l’explosion sous plusieurs angles.

The Barents Observer rapporte que la plupart des bâtiments de la ville militaire de Severny, à 55 kilomètres du point zéro, ont été détruits. L’article souligne également que des gardes-frontières militaires, postés sur la montagne Jarfjord, dans le nord de la Norvège, ont signalé avoir “vu un éclair” témoignant de l’explosion. Dans le film, il est dit que la lumière du flash pouvait être vue à une distance de 1000 kilomètres.

Suite à cet essai, de nombreux pays ont condamné le développement de telles armes nucléaires. Des manifestations nationales ont également été exprimées au sein même de l’URSS. Deux ans plus tard, en 1963, les États-Unis et l’Union soviétique ont alors signé un Traité interdisant les essais dans l’atmosphère, l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau.

En conséquence, quelques essais ont été effectués sous terre. En 1996, l’ONU a finalement adopté le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Depuis, il est désormais interdit d’effectuer ce type de test dans quelque environnement que ce soit.