Conflit Russie-Ukraine : quelles conséquence pour l’ISS ?

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Crédits : Darryl Fonseka / iStock

Le chef de l’agence spatiale russe Roscosmos avertissait jeudi 24 février que de nouvelles sanctions imposées à son pays pourraient avoir des conséquences désastreuses pour le programme de l’ISS. La NASA assure quant à elle que ces nouvelles sanctions ne mettront pas en péril ces opérations.

Une menace pour l’ISS ?

Suite à la tentative d’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Maison-Blanche avait réagi rapidement avec une nouvelle série de sanctions visant à isoler Moscou du système financier et commercial mondial. Dans une déclaration publique télévisée, le président Biden a notamment déclaré qu’il y aurait de nouvelles limitations sur ce qui peut être exporté vers la Russie.

« Nous couperons plus de la moitié des importations de haute technologie« , a-t-il déclaré. « Cela portera un coup à leur capacité à continuer de moderniser leur armée. Cela dégradera également leur industrie aérospatiale, y compris leur programme spatial« .

En réaction à ces mesures, Dmitri Rogozine, le patron de l’agence spatiale russe Roscosmos, est alors monté au créneau, rappelant que Moscou était un acteur indispensable du programme de l’ISS. « Si vous bloquez la coopération avec nous, qui pourrait empêcher une désorbitation incontrôlée de la Station spatiale internationale sur les États-Unis ou l’Europe ?« , a-t-il notamment déclaré sur Twitter, soulignant également un risque d’impact en Inde ou en Chine.

En effet, il convient de rappeler que le segment russe de l’ISS est responsable du guidage, de la navigation et du contrôle de l’ensemble du complexe orbital. En outre, la station, qui évolue à environ 400 kilomètres au-dessus du sol, entre en collision avec certaines particules de l’atmosphère terrestre, ce qui entraîne sa descente au fil du temps. Le vaisseau cargo russe Progress s’occupe alors d’effectuer des corrections régulières de trajectoire, de manière à maintenir l’ISS sur son orbite.

Les tweets de Rogozine ont également accusé les États-Unis de déjà « limiter les échanges » entre les cosmonautes russes et leurs homologues internationaux, soulignant que de nouvelles activités pourraient rompre irrévocablement cette entente à bord de l’ISS.

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L’ISS photographiée depuis une capsule SpaceX en novembre 2021. Crédits: NASA

Les opérations se poursuivront normalement

Malgré ces nouvelles sanctions et la poursuite de la guerre, la NASA a affirmé que la coopération civile entre les États-Unis et la Russie dans l’espace, notamment en ce qui concerne la Station spatiale internationale, se poursuivra sans encombre pour le moment.

« La NASA continue de travailler avec tous nos partenaires internationaux, y compris la State Space Corporation Roscosmos, pour la sécurité des opérations en cours de la Station Spatiale internationale« , a souligné le porte-parole de l’agence, Joshua Finch. « Les nouvelles mesures de contrôle des exportations continueront de permettre la coopération spatiale civile américano-russe. Aucun changement n’est prévu pour le soutien de l’agence pour les opérations en cours en orbite et au sol« .

Ainsi, au moins pour l’instant, les nouvelles sanctions « occidentales » ne devraient pas interférer avec la collaboration internationale à bord de l’ISS. En revanche, il ne fait désormais aucun doute que ces mesures scelleront la décision russe de quitter le navire dès 2025.