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Ce que l’on sait du projet de base lunaire de la Chine et la Russie

Capture d'écran "For all mankind" - Apple TV

La Chine et la Russie ont officiellement invité d’autres pays à se joindre à leur projet de future base lunaire. D’autres détails ont également émergé avec une première phase d’activités qui pourrait débuter dès 2025.

Les responsables des agences spatiales chinoise et russe ont signé en mars dernier un accord prévoyant la construction d’une station de recherche sur la Lune. Ce complexe sera conçu pour “mener des travaux de recherche multidisciplinaires et polyvalents liés à l’exploration et à l’exploitation de notre satellite“. Il s’opposera donc aux futures installations du programme Artemis piloté par les États-Unis.

Comme nous l’avons déjà évoqué dans un précédent article, en matière d’exploration de l’espace lointain, la “course à l’espace” implique donc désormais la NASA et ses partenaires contre la Chine et la Russie qui, on le rappelle, envisage sérieusement de se retirer du partenariat de la Station spatiale internationale dès 2025.

Que sait-on au juste de cette future base lunaire ? Déjà, la Chine et la Russie ne seront pas seules. Les responsables des deux pays ont en effet officiellement invité d’autres nations et organisations internationales à se joindre au projetà tous les stades et niveaux” (planification, conception et développement).

L’annonce a été faite lors d’un événement en marge de la 58e session du Sous-comité scientifique et technique du Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique des Nations Unies (COPUOS) le 23 avril dernier.

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La Lune vue par la sonde spatiale Galileo en 1992. Crédits : NASA / JPL / USGS

Un projet en quatre grandes phases

D’autres détails liés à ces installations ont également été communiqués lors de la sixième journée annuelle de l’espace chinois à Nanjing, le 24 avril dernier.

A priori, la première phase du projet consistera à collecter des données en s’appuyant sur plusieurs sondes pour déterminer l’emplacement de la future base à proximité du pôle sud lunaire. Ces missions comprennent les missions Chang’e-6 et Chang’e-7 de la Chine, et les missions russes Luna 25, 26 et 27. Tous ces vaisseaux devraient opérer dès 2024-2025.

Pour rappel, le vaisseau de la mission Chang’e-6, qui visera également à ramener d’autres échantillons lunaires sur Terre, transportera entre autres un détecteur de radon développé par l’IRAP de Toulouse.

La seconde phase du projet sera lissée de 2026 à 2030. Au cours de cette période, la mission chinoise Chang’e-8 et la mission russe Luna 28 s’installeront sur le site choisi. Ainsi pourra débuter la construction des installations animée par des systèmes robotiques.

Ce n’est qu’au cours de la troisième phase, sur la période 2030-2035, que la Chine espère s’appuyer sur son lanceur super-lourd Longue Marche 9 pour envoyer de premiers humains sur place. Une présence humaine à long terme au pôle sud lunaire sera ensuite envisagée pour la période 2036-2045.