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L’armée russe brouille les systèmes de navigation des avions commerciaux

Crédits : den-belitsky / iStock

Dans le cadre du conflit armé en Ukraine, les militaires russes ont recours à des équipements modernes de brouillage des systèmes de navigation des avions. Cela provoque alors des perturbations sur de larges zones, un danger potentiel bien réel selon les autorités françaises.

Des perturbations sur plusieurs centaines de km²

Depuis le début du mois de mars 2022, les avions de nombreuses compagnies empruntent de nouvelles voies aériennes suite à l’interdiction de survol de la Russie. Dans la plupart des cas, les vols sont plus longs en raison de la distance supplémentaire à parcourir. Toutefois, un autre danger plane sur les avions commerciaux, comme l’explique Benoît Roturier dans un article publié par Bloomberg le 1er avril 2022.

Le chef de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) en France évoque en effet un matériel en particulier auquel l’armée russe a recours. Il s’agit d’un genre de camion de guerre électronique high-tech : le Krasukha-4 (voir photo ci-après). L’armée ukrainienne a d’ailleurs capturé un de ces camions, ce dernier se trouvant actuellement en attente d’acheminement vers les États-Unis afin d’y être étudié.

Krasukha-4 brouillage
Crédits : Vitaly V. Kuzmin / Wikipedia

Benoît Roturier indique que ce genre de matériel peut représenter un danger pour les avions civils qui passent près des zones de conflit. Il faut dire que le Krasukha-4 est capable de brouiller les radars, systèmes de communication et autres systèmes de guidage GPS sur une zone de plusieurs centaines de kilomètres carrés.

Un brouillage involontaire des systèmes civils

Ces dernières semaines, des pilotes civils ont rapporté un brouillage de leurs systèmes à proximité de la mer Noire. D’autres ont observé ce type de problème dans l’est de la Finlande ou encore dans l’enclave russe de Kaliningrad. Toutefois, Benoît Roturier estime que l’armée russe n’a pas pour but de brouiller les systèmes civils. En réalité, il s’agit plutôt de dommages collatéraux.

Si aucune situation réellement dangereuse n’a été rapportée jusqu’à aujourd’hui, le risque existe tout de même. Pour Benoît Roturier, il faut donc se préparer de manière active. Selon lui, l’Europe doit élaborer des plans d’urgence en cas de perte de ses systèmes satellitaires. Cependant, cela concerne surtout les pays les plus proches des zones de conflit ou généralement moins bien préparés.

Néanmoins, il faut savoir que les appareils civils ne sont pas totalement démunis en cas de brouillage. En effet, il leur est possible d’utiliser les systèmes de navigation inertielle. Ceux-ci ont recours à des capteurs d’accélération et de rotation dans le but de déterminer le mouvement absolu d’un engin. En cas de panne du GPS, les avions peuvent ainsi se rabattre sur ces systèmes afin de connaître leur position, et ce, malgré une perte en précision.