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Les ruptures amoureuses et la solitude pèseraient davantage sur la santé des hommes

Crédits : AntonioGuillem / iStock

Selon une étude danoise, les peines de cœur et les années de célibat impacteraient davantage la santé des hommes que celles des femmes. Cette conclusion vient donc bousculer certaines idées reçues d’un point de vue médical et plus précisément inflammatoire.

Les hommes davantage touchés

Touchant de nombreuses personnes, la solitude représente un important problème de société et de santé publique. Plusieurs études ont en effet affirmé que la solitude pouvait affaiblir le cœur et doubler les risques de maladie cardiovasculaire. Or, si certaines solutions tendent à apparaître (robot de compagnie, pilule, etc.), les recherches se poursuivent pour en savoir plus sur ce phénomène.

Dans une étude publiée dans le Journal of Epidemiology & Community Health le 10 janvier 2022, des chercheurs de l’Université de Copenhague (Danemark) affirment quant à eux que les ruptures amoureuses et la solitude impactent davantage la santé des hommes que celle des femmes. Les travaux portaient sur 10 000 personnes dont l’âge se situait entre 48 et 62 ans. Or, les volontaires avaient au moins connu sept années de solitude et deux ruptures.

Rappelons que les effets négatifs sur la santé mentale et physique de la fin d’une relation amoureuse sont déjà bien connus par la science. Cela peut en effet induire une baisse de l’immunité et une augmentation du risque de mortalité à court terme.

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Crédits : Ulrika / iStock

Comprendre les effets sur le système immunitaire

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont tenté d’analyser les effets du cumul des ruptures et des années de célibat sur le système immunitaire. Il s’agissait également de comprendre si d’autres facteurs tels que le genre, le niveau d’éducation, l’IMC, la prise de médicaments ou encore certains traits de personnalité (ex. : nervosisme) pesaient dans la balance.

L’étude rassemble des informations concernant les ruptures de 4 612 personnes (dont 1 442 femmes) et sur le nombre d’années de solitude de 4 835 personnes (dont 1 499 femmes) sur la période 1986-2011. Concernant le célibat, trois catégories ont été définies en fonction du temps : moins d’une année, entre deux et six ans et plus de sept ans. La première catégorie a été jugée normale et faisait alors référence. Évoquons également la mesure du taux d’inflammation des volontaires grâce à des marqueurs standards tels que l’interleukine 6 et la protéine C-réactive décelés à l’aide de tests sanguins.

Des réactions différentes

Selon les résultats, le taux d’inflammation le plus important a été observé chez les sujets ayant vécu le plus de ruptures amoureuses. Leur taux était 17 % plus élevé que celui du groupe de référence. Par ailleurs, ce même taux d’inflammation était 12 % plus élevé chez les hommes ayant connu la solitude durant au moins sept années. Or, les chercheurs n’ont pas découvert une telle association du côté des femmes.

Pour les auteurs de l’étude, cette différence s’explique peut-être par les réactions des hommes après une rupture. Ils ont en effet davantage tendance à externaliser leur tristesse en buvant beaucoup d’alcool ou en adoptant d’autres comportements à risque. Les femmes sont pour leur part plutôt assujetties à des phénomènes en lien avec l’internalisation comme la dépression et dans les deux cas, la réponse inflammatoire diffère.