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Royaume-Uni : des requins et des phoques peuplent la Tamise

Crédits : ZoltanGabor / iStock

Le célèbre fleuve londonien a récemment fait l’objet d’une étude complète, du jamais vu depuis les années plus de 70 ans. À l’époque, la Tamise avait été déclarée biologiquement morte. Et pourtant, le vie y aurait aujourd’hui repris son cours avec notamment la présence de requins, de phoques, mais également d’hippocampes.

La vie est de retour dans la Tamise

La Tamise est un fleuve du sud de l’Angleterre, d’une longueur de 346 km qui traverse Londres avant de se jeter dans la mer du Nord. Il y a peu, la Zoological Society of London (ZSL) a publié un rapport intitulé « L’état de la Tamise en 2021« . Le document dévoile de nombreuses espèces animales peuplant les lieux alors que le fleuve avait été déclaré sans vie dans les années 1950, lors de la dernière analyse complète.

Le rapport fait état de la présence de 115 espèces de poissons, de 3 200 phoques gris et 900 phoques communs, ainsi que des hippocampes et des anguilles. De plus, lorsque la Tamise est en période de marée, des requins viennent également peupler l’estuaire. Parmi les espèces recensées, certaines appartiennent au genre squalus. Ainsi, le rapport de la Zoological Society of London témoigne d’une nette reprise de la vie dans la Tamise.

hippocampe tamise
Crédits : ZSL

Une reprise éphémère ?

Malheureusement, le retour de la vie dans le célèbre fleuve londonien pourrait à nouveau être menacé par les énormes quantités de déchets qui s’y accumulent. En effet, les niveaux de nitrate que rejettent les industriels y augmentent, ainsi que de celui des eaux usées. Or, ces produits chimiques dont la concentration est très forte par endroits altèrent forcément la qualité de l’eau et représentent une source de danger pour la faune.

De manière plus localisée, les bouteilles et les lingettes nettoyantes ont envahi le fleuve entre la ville de Teddington, au sud-ouest de Londres, et Shoeburyness au bord de la mer du Nord. Les lingettes nettoyantes sont aussi une véritable plaie dans la ville de Barnes, en banlieue de la capitale. Ces déchets couvrent aujourd’hui une surface de 1 000 m² et leur niveau a augmenté d’un mètre depuis 2014.

Alison Debney est responsable d’un programme de conservation ayant pour objectif le rétablissement des écosystèmes des zones humides. Selon elle, les estuaires font partie des écosystèmes négligés et menacés. Or, il est important de préserver les fleuves, car en plus d’abriter des écosystèmes, ils fournissent de l’eau propre et protègent les berges des inondations.

Les chercheurs préconisent à présent un autre état des lieux d’ici cinq à dix ans afin de vérifier si d’autres changements se produisent.