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Le Royaume-Uni autorise la conception de bébés à partir de l’ADN de trois « parents »

Crédits : Pixabay

Le Royaume-Uni est devenu ce jeudi 15 décembre le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de l’ADN de trois parents. Même si cette décision a une visée purement thérapeutique, elle n’a pas manqué de créer la controverse outre-Manche.

Le comité d’éthique britannique a donné son approbation, l’ultime condition. Cette fois c’est sûr, le Royaume-Uni va devenir le premier pays à autoriser la conception d’enfants à partir de trois ADN différents. Une décision à visée thérapeutique pour une technique expérimentale qui vise à combiner les ADN de deux femmes avec celui d’un homme afin de ne pas transmettre une maladie héréditaire maternelle.

« C’est une décision historique et je suis sûre que les patients prêts à bénéficier de cette technique seront ravis », explique Sally Cheshire, présidente de l’Autorité de régulation de l’assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA). « C’est un feu vert prudent, pas enthousiaste », a-t-elle tout de même tempéré sur cette décision qui soulève la controverse au Royaume-Uni et anime de vifs débats.

Du côté des défenseurs de cette décision, on estime que celle-ci va permettre aux couples concernés (dont le nombre est estimé à 3 000 au Royaume-Uni) de donner naissance à des enfants en meilleure santé. Du côté de ceux qui sont contre, on évoque une technique qui n’est pas encore suffisamment mûre et qui va trop loin en matière de modification génétique en « ouvrant la boîte de Pandore » de la sélection des bébés.

« Je ne pense pas qu’on s’engage sur une pente glissante. Nous nous sommes appuyés sur un panel d’experts internationaux qui ont estimé la technique suffisamment sûre et efficace. Le processus a duré cinq ans. Il y a eu un grand débat public. Quatre rapports ont été publiés. Le Parlement a débattu de la question et a approuvé la technique à une majorité de trois contre un », ajoute Sally Cheshire.

Maintenant qu’elle est officiellement validée, cette technique va être utilisée sur environ 25 couples dans un premier temps avec un premier bébé qui pourrait naître dans un an, à la fin de l’année 2017. « Les années suivantes, 200 couples pourraient être concernés tous les ans. Ceux venus de l’étranger sont les bienvenus », déclare la présidente d’HFEA.

Il faut savoir qu’en Grande-Bretagne, environ 125 bébés naissent chaque année avec un dysfonctionnement mitochondrial transmis par la mère. Comme l’explique Le Point, « les mitochondries sont des petits organites (structures spécialisées) présents dans les cellules qui transforment le glucose en molécule énergétique. Défectueuses, elles provoquent un déficit énergétique pour l’organisme et sont responsables de maladies dégénératives graves telles que le diabète ou la myopathie. »

Cette technique consiste à retirer de l’ovule de la mère la mitochondrie défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d’une autre femme. L’enfant qui naîtra sera porteur de toutes les caractéristiques de la mère et du père puisque l’ADN concerné, l’ADN mitochondrial (ADNmt) représente moins de 1 % de la quantité totale d’ADN contenue dans une cellule humaine.