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Rosetta en approche de la comète, contact le 12 novembre

Crédits : ESA

Le 12 Novembre prochain, l’atterrisseur Philaé se posera si tout va bien sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko. Il aura fallu dix ans de manœuvres à la sonde Rosetta, la « maman » de Philaé pour atteindre la comète.

S’il a fallu tant de temps et d’efforts pour arriver à l’objectif, ce n’est pas parce que la cible est éloignée, mais parce que son orbite est très allongée, et qu’il faut des changements de vitesse considérables pour aligner l’orbite de la sonde sur celle de la comète, affectueusement surnommée Tchouri. Pas moins de quatre assistances gravitationnelles ont été effectuées sur une durée totale de 5 ans, utilisant la Terre et Mars comme de véritables moteurs pour accélérer et ajuster la trajectoire. Les manœuvres consistent à se déplacer de la  même vitesse qu’une planète ou qu’une lune, en passant derrière ou devant elle selon si on veut freiner ou accélérer, un peu comme un skateur malpoli peut s’agripper à un véhicule pour gagner de la vitesse.

Actuellement, Rosetta et Philae sont en orbite autour de leur destination. Si il faut voyager à la vitesse de 7,5 kilomètres par seconde autour de la Terre pour arriver à l’orbite, celle de Rosetta se fait à un véritable pas d’escargot, 10 centimètres par seconde, ou 0,36 kilomètres par heure. À sa surface, la vitesse de libération, la vélocité à laquelle il faut « sauter » pour ne jamais retomber à sa surface, est d’à peine 0,5 mètre par seconde, contre 11,3 kilomètres par seconde sur Terre. Une personne pas spécialement athlétique, debout sur Tchouri pourrait sauter et ne jamais retomber à sa surface, alors que pour accéder à l’espace interplanétaire depuis la Terre, il faut une fusée entière.

Ce dernier point pose un problème de taille à Philaé, l’atterrisseur. Ses trains d’atterrissage sont munis de raquettes, pour éviter qu’il ne s’enfonce dans le sol, dont la consistance n’était pas connue au moment du lancement. Un propulseur le plaquera au sol, pendant que deux harpons et des vis l’ancrerons au sol. Avec la gravité de surface très faible, Philaé pèse l’équivalent de un gramme sur Terre, et pourrait basculer à la suite de très petits mouvements du sol. L’atterrissage devra se faire de manière totalement automatisée, à cause du délai de communication d’environ 40 minutes dû à la distance.

Pour attirer l’attention du public sur la mission, l’agence spatiale européenne a commandé un film d’une dizaine de minutes à Platige Image, dont certains d’entre vous reconnaitrons l’acteur principal:

Les plus curieux pourront suivre en détail la trajectoire de la sonde ces dix dernières années grâce à cette infographie. Attention, il faut un ordinateur assez puissant pour la visualiser.

La sonde a aussi un compte Twitter où elle nous tiens au courant des progrès de son approche.