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L’ozone a joué un rôle inattendu dans le réchauffement de l’océan Austral

Crédits : Wikimedia Commons.

Une étude dirigée par l’Université de Californie à Riverside (États-Unis) a montré que l’évolution des concentrations atmosphériques en ozone avait eu un impact plus important qu’attendu sur le réchauffement de l’océan Austral. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Climate Change le 31 mars.

L’ozone est un peu comme le cholestérol : il y a le bon et le mauvais. Le premier se situe dans la stratosphère et forme la couche d’ozone, un bouclier protecteur contre les ultraviolets nocifs émis par le Soleil. Le second se trouve à la surface de la Terre et dégrade fortement la qualité de l’air lors des pics de pollution. Dans les deux cas, la molécule impliquée (O3) reste cependant la même.

L’influence substantielle de l’ozone sur les flux d’énergie

De nouveaux travaux ont montré que les changements d’ozone induits par les transports et nos activités industrielles expliquaient jusqu’à un tiers du réchauffement océanique survenu autour de l’Antarctique depuis le milieu du vingtième siècle. En effet, la hausse des concentrations en basse atmosphère associée à leur diminution en stratosphère a ralenti la perte d’énergie vers l’espace et augmenté sa capture par l’océan.

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Instantané des concentrations en ozone dans la basse atmosphère. Crédits : capture vidéo / NASA’s Goddard Space Flight Center / Scientific Visualization Studio.

« L’ozone près de la surface de la Terre est nocif pour les personnes et l’environnement, mais cette étude révèle qu’il a également un impact important sur la capacité de l’océan à absorber l’excès de chaleur de l’atmosphère », relate Michaela Hegglin, coauteur du papier. « Elle souligne l’importance de réguler la pollution de l’air afin d’empêcher l’augmentation des niveaux d’ozone et l’augmentation des températures mondiales ».

Une contribution surprenante au réchauffement de l’océan Austral

L’influence de ce gaz sur la capture de chaleur océanique était jusqu’alors mal évaluée. Grâce aux simulations effectuées par les chercheurs, il est apparu que 30 % du réchauffement observé sur les deux premiers kilomètres de l’océan Austral entre 1955 et 2000 était attribuable aux variations d’ozone. De ces 30 %, 60 % sont liés à la hausse mesurée en basse atmosphère et 40 % à la diminution observée en stratosphère.

« Nous savons depuis un certain temps que l’appauvrissement de la couche d’ozone dans l’atmosphère a affecté le climat de surface dans l’hémisphère sud », note le scientifique ». « Nos recherches ont montré que l’augmentation de l’ozone dans la basse atmosphère en raison de la pollution de l’air, qui se produit principalement dans l’hémisphère nord et s’infiltre dans l’hémisphère sud, est également un problème sérieux ».