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Bientôt des chiens-robots pour explorer les grottes martiennes ?

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Crédits : NASA / JPL-Caltech

Lors d’une présentation tenue il y a quelques jours, des chercheurs de la NASA ont présenté leurs « Mars Dogs », des « robots-chiens » spécialement développés pour évoluer sur des terrains accidentés. Les chercheurs prévoient de « les entraîner » sur Terre pour pouvoir un jour les déployer sur la planète rouge.

Repousser les limites de l’exploration martienne

Les rovers traditionnels nous ont offert d’incroyables découvertes, que ce soit sur la Lune ou sur Mars. Ces machines truffées de capteurs ont néanmoins un petit défaut : elles ne peuvent évoluer que sur des surfaces relativement plates et peu accidentées. Autrement dit, les régions « extraterrestres » difficiles d’accès nous sont pour l’heure inaccessibles. C’est un problème dans la mesure où certains de ces environnements pourraient être scientifiquement très intéressants.

C’est également un problème dans le cadre d’une future exploration martienne. En effet, cela ne vous a pas échappé : la planète rouge n’est pas aussi accueillante que la Terre. Il y fait très froid, très sec et l’atmosphère est en majorité composée de dioxyde de carbone (96 %). Mars ayant été dépouillée de son champ magnétique il y a plusieurs milliards d’années, elle est également baignée de rayonnement solaire et autres rayons cosmiques susceptibles de « casser » notre ADN, entraînant alors la formation de cancers et de malformations génétiques. Bref, vivre sur Mars nous sera très, très difficile.

Aussi, la NASA explore depuis de quelques années la possibilité de s’établir à l’intérieur de gigantesques tubes de lave. Et pour cause, leurs toits épais permettraient une protection naturelle contre le rayonnement cosmique, les impacts de météorites et les fluctuations de températures. Une fois scellés, ces canaux souterrains pourraient également être pressurisés pour créer un environnement respirable.

Toutefois, avant de « poser la tente », encore faut-il savoir ce qu’il y a vraiment à l’intérieur. C’est pourquoi il sera nécessaire d’explorer ces environnements en amont.

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Un tunnel de lave retrouvé dans la Valentine Cave, en Californie. Crédits : Dave Bunnell/Wikipédia

Les « Mars Dogs » de la NASA

Ces robots sont développés depuis plusieurs années par Boston Dynamics. Équipés de capteurs, d’un système de stabilisation, d’une vision à 360° et d’un bras articulé, ils peuvent être utilisés à plusieurs fins.

La police de l’État du Massachusetts (États-Unis) s’est par exemple appuyée sur l’un d’eux comme dispositif mobile d’observation à distance. Aker BP, une société pétrolière basée en Norvège, en a également loué un pour surveiller les infrastructures de leurs plateformes. Ces robots peuvent aussi servir dans bien d’autres domaines, notamment dans celui de l’agriculture. Alors, pourquoi ne pas les envoyer sur Mars ?

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Crédits : NASA/Caltech

En plus de pouvoir couvrir davantage de terrains que leurs homologues à quatre roues, les « Mars Dogs » de la NASA ont également l’avantage d’être beaucoup plus légers et rapides, atteignant des vitesses de marche normales de 5 km/h. Pour mettre cela en perspective, le rover Curiosity, sur Mars depuis 2012, n’évolue qu’à 0,14 km/h en moyenne.

« Ces comportements pourraient un jour permettre à des missions scientifiques révolutionnaires de se dérouler sur la surface et le sous-sol martiens, repoussant ainsi les limites de la capacité de la NASA à explorer des sites traditionnellement inaccessibles« , écrit l’agence.

Une soixantaine de scientifiques et ingénieurs collaborent ainsi depuis plusieurs mois pour tester ces robots, les équipant de capteurs et de logiciels de manière à ce qu’ils puissent scanner, naviguer et cartographier en toute sécurité et de manière autonome leur environnement. Pour l’heure, rien n’est gravé dans le marbre, mais peut-être pourrons-nous les voir à l’oeuvre prochainement sur Mars, disons, dans les années 2030 ?