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Les « rivières atmosphériques » responsables de leur première hécatombe

Crédits : Pixabay

D’énormes flots de vapeur dans l’atmosphère (surnommés rivières atmosphériques) entraînent parfois des inondations exceptionnelles. Les chercheurs viennent d’ailleurs de les pointer comme responsables de la mystérieuse hécatombe des huîtres d’Olympia dans la baie de San Francisco en 2011. Et avec le changement climatique, ces événements pourraient bien se multiplier.

Les rivières atmosphériques sont des « fleuves invisibles » qui glissent en silence dans l’atmosphère, transportant avec elles des quantités d’eau qui peuvent atteindre l’équivalent de sept à quinze fois le volume d’eau du fleuve Mississippi. Ces couloirs suspendus dans l’atmosphère qui font environ 400 kilomètres de large et s’étirent sur des milliers de kilomètres peuvent créer des précipitations et des inondations extrêmes tout en provoquant des coulées de boue catastrophiques et des chutes de la salinité. En Californie notamment, ces inondations peuvent fournir jusqu’à la moitié des précipitations annuelles de l’État en seulement 10 à 15 jours, mais jusqu’à présent, nous ne connaissions pas les effets de ces « rivières du ciel » sur les organismes terrestres. C’est désormais chose faite.

Une étude récente menée par des chercheurs de l’Université de Californie conclut en effet que les rivières atmosphériques avaient influencé la mystérieuse hécatombe des huîtres de la baie de San Francisco en 2011, notamment par l’effondrement brutal du taux de salinité de l’eau. C’est donc la première fois que nous observons l’impact de ces phénomènes météorologiques sur un écosystème. Un impact pour le moins néfaste puisque ces huîtres, qui peuvent parfois s’amasser par milliers que quelques mètres carrés, éliminent l’excès d’azote et autres polluants qui peuvent être nocifs pour l’environnement. Elles forment alors — ou formaient, du moins — des récifs sur des rochers qui constituent un habitat de choix pour les poissons, les crabes et de nombreuses autres créatures marines qui pâtissent aujourd’hui de cette hécatombe.

Les huîtres ne sont probablement pas la seule espèce dont le destin dépend en partie des rivières atmosphériques. Bien qu’il s’agisse là du premier cas documenté de l’impact biologique des rivières atmosphériques, les fortes précipitations et les inondations poseront inévitablement des problèmes à de nombreuses autres espèces, dont la nôtre. Ces huîtres ne pourraient être que la pointe de l’iceberg.

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